Histoire d'un genre : la fable - Chap. 3 : La fable latine
Les auteurs de l'Antiquité grecque et latine exploiteront ce fonds ésopique, notamment deux poètes latins du 1er siècle : Horace et surtout PHEDRE, qui compose 5 recueils de fables :
-
Plus de la moitié sont de tradition ésopique
-
Phèdre réécrit les fables d’Esope en vers : « Esope est ma source. Il a inventé la matière et moi je l’ai mise en vers »
-
Le plus souvent, Phèdre commence par le contexte moral de la fable, enchaîne sur l’anecdote et termine par une réflexion sentencieuse de l’un des personnages
VULPIS ET CORVUS
Qui se laudari gaudet uerbis subdolis
fere dat poenas turpi paenitentia.
Cum de fenestra coruus raptum caseum
comesse uellet celsa residens arbore,
uulpes ut uidit blande sic coepit loqui ;
" o qui tuarum, corue, pennarum est nitor !
Quantum decorem corpore et uultu geris !
Si uocem haberes, nulla prior ales foret. "
At ille stultus dum uult uocem ostendere,
emisit ore caseum, quem celeriter
dolosa uulpes auidis rapuit dentibus.
Tum demum ingemuit corui deceptus stupor.
Hac re probatur, quantum ingenium polleat ;
uirtute semper praeualet sapientia.
LE
CORBEAU ET LE RENARD
Aime-t-on à être loué dans des discours qui cachent un piège ? on en est ordinairement puni par des regrets
et par la honte. Le corbeau avait enlevé sur une fenêtre un fromage. Il allait le manger, perché sur le haut d’un arbre, lorsque le renard, le voyant, se mit à lui adresser ces flatteuses paroles
: " Combien, ô corbeau, ton plumage a d’éclat ! Que de beauté répandue sur ta personne et dans ta physionomie ! Si tu avais aussi la voix, nul oiseau ne te serait
supérieur. "Le corbeau, dans sa sottise, en voulant montrer sa voix, laissa tomber le fromage de son bec, et prestement le rusé renard s’en empara de ses dents avides. Alors seulement le
corbeau gémit de s’être laissé tromper par sa stupidité.
Cette histoire montre combien l’intelligence a de force ; sur la vaillance, toujours l’emporte la sagesse..
(Traduit du latin)
(A SUIVRE)
