Election - Yvon Le Men
Les poèmes d'Yvon Le Men qui m'ont le plus marqué sont "Ce que je t'ai donné" et " Pour conjurer la mort ".
Ce que je t'ai
donné
Nous avions dormi
le paysage à la
fenêtre
notre première fois
'oiseau dans le
paysage
chambre treize
qui chante le
paysage où
j'avais dormi
qui passe par la
fenêtre. une
dernière fois
La
fenêtre
une dernière fois
franchissait les lisières du
monde
avec celle qui
à la vitesse de la
lumière
comme toi
rapportait dans ses
vitres
n'est plus là
comme l'hiver, des dessins sur le
givre
plus là
les paysages dont nous avions rêvé
celle qui n'est plus là
la blancheur d'un
bouleau
à
jamais
cousue à la blancheur d'un bouleau
qui éclaire les
forêts
celle qui est partout
sauf là
là-bas dans le
nord
où elle
repose
où vivent des
poèmes
à jamais.
que nous lisions
Toi
l'argent des
peupliers
tu n'es plus
là
au bord des rivières de
Castille
ici
où rodent les yeux du peintre
et tu es là
dont les couleurs éclairaient la
cuisine
là-bas où tu te reposes
et aujourd'hui ton
absence.
désormais
Ce que je t'ai
donné
sans moi
mes yeux qui te regardaient
à la vitesse de la
lumière
Pour conjurer la séparation
j'ai dormi
les battements de mon
coeur
deux fois
qui t'écoutaient
à la vitesse du
son
chambre treize
et te touchaient si
fort
et ce n'était pas un vendredi
en traversant ton regard
mais si peu ton corps
dans lequel tu aurais aimé que je vive
comme tu vivais dans ma maison aux fenêtres
lointaines.
Je t'ai laissé t'échapper de mes mains
quand tu n'avais que ta peau pour écrire
le baiser
quand je choisissais la vitre et le papier
pour te raconter
notre amour.
Parfois je passais à travers la feuille
pour que dans son corps
mon désir et mon amour se rejoignent
comme dans le poème
les morts et les mots
se retrouvent.
Parfois nous sommes allés plus loin
que la frontière du corps
quand tes yeux dans mes yeux
se mélangeaient
jusqu'au bleu des tiens
jusqu'au marron des miens
qui en profitaient.
Parfois
c'était comme toujours
qui aujourd'hui
entoure mon présent de douleur
Ces poèmes me touchent beaucoup.
Ils me remémorent des personnes qui me sont chères qui ont quitté ma
vie..
