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Publié par Ludmyla

Dans plusieurs poèmes du recueil on peut dire que Denis Rigal a utilisé des vers libres (vers de mètres variés) et aussi la syntaxe du rejet (un mot ou un groupe des mots à la fin d’un vers se rattache grammaticalement au vers suivant). Les poèmes en vers libres ne sont plus de même longueur et contestent la ponctuation.

 

Chronique du matin minuscule

 

sous la hêtraie où l’aube est grise

les sangliers mangent les faînes

 

les champignons

seront soudains

quand il faudra

 

quelqu’un sur les âpres collines

pétarade à deux roues

 

dans leurs lits

matrimoniaux immensément

les humains volubiles roulent

dans les sueurs et l’infini

ment

petit

 

 

Parabole

 

un arbre en forme de bourrasque

fiché dans le garrot d’une colline

 

depuis longtemps ne grandit plus

survit de granit délité

d’humus austère

et d’eau entre des rocs

 

s’épaissit insensiblement

par cercles durs

sombres

serrés

 

son tronc lacunaire

dans le vent hulule

ou bourdonne

accompagne une musique d’en dessous

inaudible

 

ses feuilles sont poison

pour les cheveaux et pour toutes les bêtes

des landes et des naufrages

 

on ne sait rien de sa vie

il fait signe

intransitif

 

il fixe le cœur

 

 

Affût

 

il a vu

l’oiseau tomber bleu

parmi les branches nues

(soudain c’était très loin

le ciel les arbres)

et l’œil du jour se refermer

comme une eau se referme

après le plongeon après le saut

de l’ange

se lisse et puis oublie

 

 

 

 

plus de vent fini cet écho

dans la tête        ce bourdon

 

 

 

 

pourtant cela tremblait encore

quelque chose

tiède

 

 

 

 

Page 68 :

 

l’eau vive à l’étier vient

et va

le sable coule et se rassemble

fait ventre

l’enfant touche terre

le temps renaît la tête en bas


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M
Très juste !
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