Versification – Denis Rigal : AVAL
Dans plusieurs poèmes du recueil on peut dire que Denis Rigal a utilisé des vers libres (vers de mètres variés) et aussi la syntaxe du rejet (un mot ou un groupe des mots à la fin d’un vers se rattache grammaticalement au vers suivant). Les poèmes en vers libres ne sont plus de même longueur et contestent la ponctuation.
Chronique du matin minuscule
sous la hêtraie où l’aube est grise
les sangliers mangent les faînes
les champignons
seront soudains
quand il faudra
quelqu’un sur les âpres collines
pétarade à deux roues
dans leurs lits
matrimoniaux immensément
les humains volubiles roulent
dans les sueurs et l’infini
ment
petit
Parabole
un arbre en forme de bourrasque
fiché dans le garrot d’une colline
depuis longtemps ne grandit plus
survit de granit délité
d’humus austère
et d’eau entre des rocs
s’épaissit insensiblement
par cercles durs
sombres
serrés
son tronc lacunaire
dans le vent hulule
ou bourdonne
accompagne une musique d’en dessous
inaudible
ses feuilles sont poison
pour les cheveaux et pour toutes les bêtes
des landes et des naufrages
on ne sait rien de sa vie
il fait signe
intransitif
il fixe le cœur
Affût
il a vu
l’oiseau tomber bleu
parmi les branches nues
(soudain c’était très loin
le ciel les arbres)
et l’œil du jour se refermer
comme une eau se referme
après le plongeon après le saut
de l’ange
se lisse et puis oublie
plus de vent fini cet écho
dans la tête ce bourdon
pourtant cela tremblait encore
quelque chose
tiède
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l’eau vive à l’étier vient
et va
le sable coule et se rassemble
fait ventre
l’enfant touche terre
le temps renaît la tête en bas