Lectures personnelles
Anthologie de poèmes en prose
El a Cid
Je ne sais
ce que tue
Désir
Rimmel comme fleurissait
le ciel au loin bleu
ta main tenant
là plume
et ton écriture
Heureuse voilà les émaux
comme recuite dans la piété
ce que le vent
entonne
dans la fonte des beiges
c'est vient vers l'amer
comment faire terre à la lune
Vole Vole vers le magma
c'est si chaud qu'il saura c/h/anter
dé-cape
dé-cid vers la lointaine Madrid
et les maures en souffrances
tu as les pieds dans l'acte de foi
et tu le vois ça brûle
et ça fais de toi ma brune
sans rire
bouche en bouche
dé-voile ma langue
dé-volue à la gangue
de nos mots velus
agrippe en griffe
le silence n'est plus vide
n'est plus vie
ma terre en exil
et ta peau qui s'éloigne
ma chair tu t'effaces et c'est clair
pour toi
ma ville illisible
au fort Est
Pant
En un jet
en un jet je vide mon rêve à ta santé
pur jus de peau à s'enivrer
la goutte tombe dans les étoiles
le sexe croqué en croissant
craque croque grignote
les miettes à vider le désir
suce
bouffe respire
les vies à violer les soupirs
ça saigne ça gicle ça tangue
j'ai le mal des mots
brisée, beuglante, j'avale ma mémoire
la mémoire m'engrosse comme une mer
vers ma pâle histoire, je débarque et traîne
casser le présent, encroûter le corps
mal à la mémoire
Plus de mots, plus de Verbe.
On a trop dit d'insignifiances
trop
infligé de faux poètes
trop loué ce qui luit, caressé le paraître
noué d'éloges trop de gorges
trop chanté tous ceux qui enseignent
trop enseigné ceux qui déchantent.
Mais, bon Dieu, que remontent
les rumeurs enfouies et les jurons
du vent sur l'incendie,
l'orage en fuite ou ce silence
de la vague océane avant l'écrasement!
Yves Heurté
Julia .