Parodie - Verlaine : Nevermore
Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'ivrogne
Faisait voler la crêpe à travers
l’air atone ,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise s'étonne
Nous étions seul à seule et marchions en buvant,
Elle et moi, les cheveux et la bouteille au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard délirant :
"Quel fut ton plus beau jour ?" fit sa voix d’or vivant,
Sa voix douce et sonore, au frais timbre
angélique.
Un sourire carié lui donna la
réplique,
Et je baisai sa main rèche, inconsciemment.
— Ah ! les premières nuits, qu’elles sont parfumées !
Et qu’il bruit avec un murmure puant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !
PAUL VERLAINE
Poèmes saturniens
(1866)