Histoire - L'Affaire Calas, première erreur judiciaire.
Jean Calas, un protestant de 64 ans habitant a Toulouse, retrouve son fils pendu, dans la maison familiale.
Ne voulant pas qu'il soit considéré comme suicidé et subisse des obsèques infamantes, prévues en cas de crime contre soi-même la famille Calas n'indiqua pas tout d'abord aux autorités les circonstances exactes de sa découverte et prétendit avoir trouvé son pauvre fils étranglé.
Le capitoul, l'un des six représentants élus par les six quartiers de Toulouse afin de constituer le conseil municipal de la ville, qui a été chargé de l'enquête, interrogea Jean Calas, Pierre son fils et Gaubert de Lavaisse, ami invité le soir du drame. De vagues circonstances a propos du crime lui sont dévoilées, ils soutiennent la thèse du meurtre commis par un inconnu, qui aurait étranglé son pauvre fils. Ils avouent ensuite avoir retrouvé le jeune homme pendu. Mais la famille Calas est protestante, et la rumeur attribue donc le crime a Jean Calas, car son fils voulait se convertir au catholicisme. Le capitoul David de Beaudrigue exige un complément d'enquête. Il fait torturer Jean Calas, après le verdict du procès par le parlement de Toulouse. L'homme avoue le crime avant de se rétracter.
Il est finalement condamné à mort le 9 mars 1762 par le Parlement de Toulouse, suite aux verdict prononcé: huit personnes sur treize ont voté pour le mettre à mort.
Jean Calas meurt le lendemain, roué vif, étranglé puis brûlé sur la place Saint-Georges. Dix jours plus tard les co-accusés sont jugés : sa mère Anne-Rose Calas, Jeanne Viguière (la servante) et Lavaisse sont acquittés.
Pierre Calas, quant à lui, est banni, il part s'installer à Genève, capitale calviniste (le calvinisme est une doctrine théologique chrétienne, protestante), où il rencontre Voltaire. Le philosophe crut d'abord l'accusation fondée et rédigea scandaleusement une lettre incendiaire sur Jean Calas. Mais convaincu par Pierre de son innocence, il forma un groupe de pression avec ses amis et utilisa son ironie corrosive pour que justice soit faite.
Afin qu'une révision du procès soit mise en place, Voltaire publie, en 1763, l'ouvrage Traité sur la tolérance à l'occasion de la mort de Jean Calas tandis que la famille obtient un entretien à Versailles auprès de Louis XV. Le capitoul, qui avait largement contribué à monter les fausses accusations contre Jean Calas, fut destitué. En 1765, Voltaire réussit à faire réviser le procès et à obtenir un arrêt qui déclarait Jean Calas innocent, réhabilitait sa mémoire et afin qu'il ne soit pas pris pour un assassin jusqu'à la fin des temps.
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