Lecture cursive - Citation : Zoo ou l'assassin philanthrope (Vercors)
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POP : Mais si ce sont des hommes ? (Il saisit Douglas par son revers.)
Hein ? Si ce sont des hommes ? Puis-je les abandonner ?
DOUGLAS : Pop !... vous voudriez... vous voudriez les baptiser c'est ça ?
POP : (lâchant Douglas) : Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas et j'en crève !
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JUSTICE DRAPER : Mademoiselle Sybil Greame voudrait-elle revenir à la barre ? (Sybil s'avance). Devons-nous décidément comprendre, mademoiselle,
que l'apparition parmi nous de ces pauvres tropis a si bien bouleversé les notions généralement admises par l'espèce humaine, que, entre l'homme et l'animal, il n'existe vraiment plus de
frontière précise ? Que, pouvant la faire passer désormais où cela paraît commode, rien n'empêche plus certains gouvernements cruels, s'ils le décident ainsi, de rayer d'un coup de plume, de leur
population, n'importe quel peuple de couleur ?
SYBIL (un peu piquante) : Et pourquoi de couleur, my lord ? Cette discrimination pourrait tout aussi bien se retourner contre les Blancs, le jour où ils perdraient leur
suprématie.
JUSTICE DRAPER : Comment, que voulez-vous dire ?
SYBIL : Que le racisme, c'est la loi du plus fort, rien d'autre. Et que le jour où les peuples d'Asie ou d'Afrique le deviendront, les plus forts, ils pourront tout aussi bien rendre la
pareille.
JUSTICE DRAPER (ébahi et choqué) : Et pour nous dominer, prétendre que nous sommes NOUS ! les Anglais, plus près du singe ?
SYBIL (amusée, ironique ) : Et pourquoi donc, my lord ?