i-voix aux mains d'argent 2016-2017 - Florilège 10
Effraction, immersion, contraction, dilatation, substitution : tout au long de l'année, les lycéens d'i-voix ont aimé couper-coller-insérer-remplacer... dans des oeuvres variées.
A la manière des cut-up de William Burroughs, des cadavres exquis surréalistes, des centons oulipiens, des MashUp vidéos, ils explorent ainsi, à l'ère du numérique, une façon originale de s'approprier des textes littéraires et d'en créer de nouveaux. Cette activité, ludique et pédagogique, permet de comprendre de l'intérieur l'univers d'un auteur, de faire résonner en soi ses mots, de partager les sensibilités et les imaginaires, de travailler la langue, de faire jaillir de soi des éclats de poésie. Alors peut-être la littérature retrouve son pouvoir de vibration et de façonnement.
Saurez-vous reconnaître les oeuvres qu'ils ont ainsi goulûment dépecées, chirurgicalement charcutées, poétiquement électrocutées ?...
Tim Burton - Edward aux mains d'argent
L'aube m'ouvre les yeux
Je reviens d'un pays où je ne suis pas
A déambuler je me demande de quoi ils vivent les autres
Quand je m'arrête
Un oiseau peut-être
Avec quelque part un homme enfermé
Dans la maison des mots
Je regarde dans le ciel
Quelque chose de rose
Se déplace
Douceur inconnue
Que le vent époussière dans mes yeux jaunes
La nuit la réveille
Nouveau, bouquet de senteurs ( 100 senteurs ), désodorisant dans : ambiance, action longue, durée. Pour obtenir un bon résultat ( évidemment ) tous les tiroirs coulissant, les équipements, facilitent aussi la lisibilité. Jasmin : parfum.
On se fatalité, on se facilité
Elle s'ébullition, je m'éruption
Pensée un souhait, un ultime baiser
Une hallucination, une dernière illusion
En arrière plan, je la sang sensuellement
Proches du bassin, je la lèvre enfin
Je m'inconscient de l'instant, pour le moment
Demain en tête, je me courage à deux mains
Soir dernier, on se chez moi, les yeux rougis
Le ciel se nuit, nous paralysie au lit
Je la nue, je me trac, elle me préservatif
Elle me psychologie, je la philosophie
Depuis on se causerie de la vie
Je m'hâtif, sans conditionnel ni impératif
JE
à Nanoushka
Penaos Lavar Dit
N'ouzont Ket Petra
C'hoant Am Eus
Met Digarez Ac'hanon
Kollet On Evel
C'hazh
'Barzh Mor
je suis l'eau même
bouillonnante et limpide
l'eau ultime et sans visage
l'eau de toutes les eaux
je suis un fleuve océan
je m'étends à perte de nuit
sirène au milieu des torches
et des reflets de lunes
Suspendue à un coup de feu, elle reste seule avec ses mots, avec sa folie, avec son ridicule et son paradis. C'est grave ? Qu'est-ce que j'ai ? Combien de temps me reste t-il ? Est-ce que je vais mourir ? Je n'en ai plus pour longtemps. Une fille sans bras est venue à ma rencontre. Elle m'a dit : aide-moi. Où regarder sans se blesser ? Ne parle pas. Ne regarde pas. Ne bouge pas. Rejet.
dedans le livre page 12
ramène au bois Près des myrtilles
un chant angélique nouveau La la laaaaaaa
Un genre d'espèce de soufflée aux chocolats
s'épeiche fougère
carillonnant ding dong
Mon pot s'émerveille.
Il n'a pas trouvé le temps dans le train
De sa montre.
Les matins cachent un mot
Sous le lit,
Des sueur froides courbent l'échine
Devant un poème nu.
Le silence a du poil au pied
Et les orteils dédoublés.
Un automne printanier
S'insurge de l'air peu pollué.
Je m'invite dans la maison
De dieu.
Donc c'est bien ma maison. CQFD.
Les jeunes ont les pupilles dilatées.
Une femme valse avec une fille
Sous le regard d'une paire de braguettes.
Le sol est de plus en plus doux.
On ne naît pas,
Malgré tout.
Une obscurité si étroite à ma mort, et si peu éblouissante qu’elle laisse tout hors d’elle.
un calme aveuglé
un écoulement d’eau
une descente vers les enfers
il y a des limites
à l’ignorance des autres
tu es entouré tout-à-coup
heureux et obscur
la faiblesse
décroît avec limites
tu découvres
ce qui se dissipe
ce dont tu es vraiment dégouté
Une obscurité si étroite à ma mort, et si peu éblouissante qu’elle laisse tout hors d’elle.




