i-voix aux mains d'argent - Florilège 7 2014-2015
Effraction, immersion, contraction, dilatation, substitution : tout au long de l'année, les lycéens d'i-voix ont aimé couper-coller-insérer-remplacer... dans des oeuvres variées.
A la manière des cut-up de William Burroughs, des cadavres exquis surréalistes, des centons oulipiens, des MashUp vidéos, ils explorent ainsi, à l'ère du numérique, une façon originale de s'approprier des textes littéraires et d'en créer de nouveaux. Cette activité, ludique et pédagogique, permet de comprendre de l'intérieur l'univers d'un auteur, de faire résonner en soi ses mots, de partager les sensibilités et les imaginaires, de travailler la langue, de faire jaillir de soi des éclats de poésie. Alors peut-être la littérature retrouve son pouvoir de vibration et de façonnement.
Saurez-vous reconnaître les oeuvres qu'ils ont ainsi goulûment dépecées, chirurgicalement charcutées, poétiquement électrocutées ?
Tim Burton - Edward aux mains d'argent
l'eau égarée songe
en le matin bleu
aux terres vierges et rouges
les vergers feuillettent
la brume ainsi obscurcie
Par une nuit d'hiver
Tu es parti rejoindre les saisons de l'absence
Les mots font trace en ton passage
Qu'est ce que le jour sans ta présence ?
Tu es parti comme tu étais venu.
Je te vois sans te voir.
Je ne respire plus.
Mais se souviendra t-il ?
Il marche et rêve d'un royaume où les routes se perdent.
Au loin
Il va.
Je ne le vois plus
l'ennui est insupportable
Je travaille sur une vieille histoire
avec des souvenirs tout neufs
cœur ouvert, yeux entrouverts
étendue : une nouvelle blessure, riche en
haines et désespoirs
malgré la peur logée et ricanante en plein cerveau, le verglas emprisonnant le coeur et pulsant jusque sous les ongles
le paysage sans toi se tend, la fable qu'on me dépeint peine
la somme de toutes.
lesquelles ?
de toutes les éclaircies
pour te dire
où sont les mots, les miens
avant nous.
avant
que les ombres folles de ton visage ne soient
les seules ici.
il ne faut pas se rebuter
tournons les pages
oublions quelques chapitres
ce qui vient viendra
dans la chaleur des coeurs
dont les sentiments un à un
se libèrent
comme pétales de rose rouge
tu dis : « Juste un mauvais rêve : que les souvenirs s’effacent au fur et à mesure que tu écris une nouvelle histoire. »
tu dis : « Qu’il fasse jour ou pas quand tu te réveilles, c’est pas ça l’important : mais qu’il y ait des sons qui te parviennent du dehors, histoire d’être sûr que ça existe encore le monde autour. »
tu dis : « Le matin n’est pas le temps des craintes ; en revanche, pour ce qui est du renoncement... »
tu dis : « Le matin, les angoisses n'ont plus de mots, ni même la force de te tourner le dos: juste leur odeur sur ta peau... »
tu dis : « Une drôle d’expression tourner la page : d’un seul geste engendrer un récit nouveau. »
Juste assez de mystère dans les songes pour désirer l'aube. L'apercevoir et puis s'enfuir. Seul, dans la neige, des traces d'espérance. Au matin, tout aura disparu, ne resteront plus que les ébauches d'un amour perdu. L'aube, elle, perçoit juste assez de lueur dans l'ajour gelé des branches pour vouloir frôler à nouveau l'âme soeur. Les reflets d'un espoir, suspendu, sur un lac glacé.


