Election - Jean Joubert
Mon poème préféré dans le recueil de Jean Joubert intitulé "L'Alphabet des nombres" est Ce que tu vois, car il me fait penser à l'oeuvre d'un réalisateur japonais que j'aime beaucoup, Hayao Miyasaki. En effet, l'évocation d'un cerf, d'une forêt, d'un arbre vivant me rappelle la façon dont les films de ce réalisateur célèbrent les grandes forces de la nature à travers des créatures merveilleuses comme le cerf immortel dans "Princesse Mononoké" ou les kamis dans "Le Voyage de Chihiro".
Ce que tu vois
Ce que tu vois dans l'eau, si tu te penches,
ce que tu vois ce n'est pas ton visage
mais le reflet d'une ombre immense
dressée derrière toi:
l'ombre d'un cerf coiffé de branches
et dont les yeux ardents s'étoilent.
(...)
Beauté de l'ombre, son silence:
seule réponse.
Et tu voudrais que rien ne bouge,
qu'il reste là, le messager,
comme un arbre vivant,
enraciné dans une terre noire.