Substitution - Jean Joubert
Sous le masque
C'est désormais visage nu
que nous entrons dans la nuit.
Sur le seuil les hommes y sont parvenus :
l'un qui sourit
et l'autre qui ne connait plus.
En cet instant accompli.
s'éveille la forêt des révolus
ou des ombres s'étirent, accroupis.
De vieilles ombres fourbues
s'arrachent de la terre grise et pervertie
et cherchent un visage ou les lambeaux ne sont plus.
Attente. Il fait froid et la vie
D'un silence blanc et décousu
tombe sur nos paupières évanouies.
