Voltaire / Rousseau 14 - Marmouset
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ROUSSEAU : Hmm… pour débuter, reprenez votre poème Le Mondain et vous en jugerez par vous-même, ce que je cite provient de l’encre de votre propre plume. Ensuite, vous pouvez le constater, je le puis également, que si vous êtes, à l’heure actuelle, en ce lieu, cela est du à votre exil des banquets mondains, où vous lassiez chacun !
VOLTAIRE : Voici pour vous des preuves ? Laissez-moi m’en divertir ! Je n’ai jamais eu, jusqu’à vous, affaire à un marmouset aussi sot, car, vous ne serez point homme tant que vous vous obstinerez à effectuer vos minables promenades… Et, que, de plus, vous continuerez à les retranscrire au monde comme votre misérable lettre adressée à M.de Malesherbes… Il me semble que vous y contez votre solitude, réconfortée par vos animaux, n’est-ce donc pas le cas ?
(Voltaire prend alors la lettre posée sur le guéridon de l’entrée)
Comme cela m’a ému lorsque vous avez évoqué, je vous cite « la délicatesse des arbustes » : les avez-vous câlinés ? sont-ils, à vos yeux, comme vos marmots ? avez-vous pensé à les habiller de petits bérets et à les revêtir d’écharpes pour cet hiver qui arrive à grands pas ? Ou encore, votre seul ami, qui n’est autre que votre chien : comment l’avez vous appelé ? Jean ? Jacques ? Patrick ? Charles ? Louis ? Etc.
ROUSSEAU : Riez tant que vous le désirez, pour l’heure, je puise ma réjouissance dans l’idée que vous êtes condamné à l’exil, et, par conséquent, forcé de vivre à Genève.
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