Florilège - i-voix à écouter 3
Tout au long de l'année 2013-2014, les lycéens d'i-voix ont partagé en ligne des productions orales diverses. En voici quelques exemples.
Performance avec Goulven Ka
Murmures sombres
et dire que j'pensais m'coucher tôt
remplir les poches que j'ai sous les yeux
j'ai plutôt écouté la nuit et tous ses conseils précieux
ses murmures sombres
..."
(...)
Je t'ai nommé l'indienne
Femme aux yeux millénaires
(...)
Je t'ai nommé l'indienne
Et tu m'as donné un continent d'outre-mer
(...)
Lorenzo monte et se met à la hauteur de la statue
Oh toi, pouvoir ! Oh toi, misérable allégorie de ma vertu violée ! Allons, pourquoi me regardes-tu ainsi ? Connaitrais-tu ma pensée ? Me suivrais-tu si tu le pouvais ? Détruire ce tyran qui salit notre nom et qui, de ses viles mains, souille nos filles et les tourne aux vice. Non... Non tu ne le ferais pas, toi le pouvoir, toi qui tiens en ta main le symbole des Médicis, toi qui soutiens les tyrans, toi qui porte en ton sein le vice ! Mais pourtant tu es là... Tu regardes les Hommes, si neutre... Mais lève toi ! Défends Florence de cette peste qui l'envahit ! Déchaine ta puissance ! Pourquoi restes-tu immobile ? Pourquoi restes-tu si indifférent à la déchéance humaine ?
Ta si grosse tête aurait dû tomber !
Très bien, je m'en vais donc l'aider !
Il la décapite
Louise Labé, portrait gravé par Pierre Woeiriot (1555), BNF.
Sonnet 3
"Ô longs désirs, ô espérances vaines
Tristes soupirs et larmes coutumières"
Louise Labé, Oeuvres, Edition Jean de Tourmes, 1555
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pour écouter la lecture du sonnet 3
par Louise Labé elle-même
Interview 3
"Une vie sans amour ne vaut pas la peine d'être vécue"
"Il m'est arrivé d'être touchée par les flèches de Cupidon, je l'avoue, je l'assume, mais ce n'est pas pour autant qu'il est permis de me prendre pour une débauchée."
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pour écouter les réponses de Louise Labé aux questions de Radio i-voix
Rogier van der Weyden, Portrait de jeune femme (détail) 1460
Performance avec Goulven Ka
Tu craches ta rage
je fais comment sans toi, moi ?
je fais quoi de tout ça ?
...
les yeux vides
impassible
te pardonner
impossible
(extrait d'un poème collectif
composé lors d'un atelier d'écriture avec Goulven Ka)
réalisée par le choeur des lycéens d'i-voix
à partir des recueils
Voix d'Aujourd'hui 2013-2014
Indéfiniment
Indéfiniment accueillir le temps
les pensées au devant de soi
derrière le désir
c'est dégoûtant
la seule sortie du labyrinthe sous le fraisier
ne plus compter les territoires de mort
je suis debout
serai sans doute heureux
au verset de l'horizon
ronger les yeux
le pseudonyme est un écran
rose
étoilé est son chemin
les mots tiges entre deux silences
Lorenzo marche en titubant
" C'est une bien belle nuit à décapiter la lune, astre éclairant mon triste visage de ses rayons... Eh bien ! Qui voilà ? Mon cher cousin, Côme de Médicis sur son fidèle destrier, dressé par le bronze ! Très beau travail de Giambologna ! Que de prestance, quelle belle monture ! Ce serait dommage, que dis-je un tel désastre s'il lui arrivait mésaventure, cela vous toucherait, n'est ce-pas ? Non, non mon cher ami, je ne vous fais point de menace, mais je vous accorde plutôt une promesse ! Vous connaissez bien mon passé romain, le "bourreau de statue". Pourquoi ne pas récidiver ici même à Florence ? Cette ville, qui n'est pas moins qu'une catin, dont le peuple n'est même pas capable de se soulever face à un pauvre fils de boucher, de faire respecter ses droits civiques et moraux. Je ne puis demeurer sur cette place plus longtemps, ce qui y règne m'empêche de me languir.
Il monte sur la statue et se rapproche de la tête
Allons, comment te sens-tu ? J'ai l'impression de voir le visage d'Alexandre, d'anticiper l'acte meurtrier que je prépare depuis tant d'années. Est-ce pour moi une nécessité ? Est-ce pour moi véritablement utile ? Peut-être que le peuple osera ouvrir les yeux face à la réalité et tenter de prendre le pouvoir pour pouvoir enfin vivre dans un état des plus paisibles. Qu'en dis-tu ? Tu ne dis rien... Ta destinée est au bout de mon épée, oses-tu te défendre ? Allons bon... Le jour va se lever, je n'ai pas de temps à perdre avec une statue.
Il se détourne et reprend sa route.
A LA STATUE EQUESTRE DE COSME DE MEDICIS
Statue de Cosme de Medicis - Place de la Seigneurie à Florence (photo i-voix)
Tenir des billes des cailloux
pour les plus grands tré-
sors de vie à emmener île
déserte avec des coeurs déco-
rés et (...)
Lecture d'Albane Gellé par Sonia
PIERRE ALECHINSKY - Astre et désastre (1969)
Justification du choix par Sonia
Louise Labé, portrait gravé par Pierre Woeiriot (1555), BNF
Sonnet 24
"Ne reprenez, Dames, si j'ai aimé
Si j'ai senti mille torches ardentes ..."
Louise Labé, Oeuvres, Edition Jean de Tourmes, 1555
Cliquez ci-dessus
pour écouter la lecture du sonnet 24
par Louise Labé elle-même
Interview 24
" Le sonnet est pour moi la meilleure façon pour partager mes pensées."
"Sans amour, la vie ne vaut pas la peine d'être vécue."
"La philosophie de ma vie : aimer, écrire, vivre."
Cliquez ci-dessus pour écouter l'interview de Louise Labé surRadio i-voix
(...)
Et j'exulte, sauvé de mon passé, tiré de là, hissé, lissé, plissé, vissé à la modernité, en liesse d'indépendance nouvelle, jeune Afrique dessoûlée de ses cauchemars de sauvages esclavagés colonisés.
BRUCE CLARKE - Getting there (2010)
Lors de notre visite au château de Kerjean, édifice datant de la Renaissance (construction de 1545 à 1596), nous avons été agréablement surprises de trouver un puits. Celui-ci nous a immédiatement rappelé le passage de la cotte de maille (acte II scène VI) ,car nous l'avions imaginé exactement tel quel lors de la lecture. Cette scène a été filmée depuis un balcon légèrement en hauteur qui offrait une vue propice pour ce plan. Pour la suite de la vidéo, nous avons tourné dans une des nombreuses salles, car celle-ci possédait une fenêtre donnant sur le puits, une luminosité intéressante. Et petit détail pratique indispensable, ce lieu était doté d'un petit renfoncement dans le mur, nous permettant de placer la caméra de manière idéale.
Au moment de tourner, nous avons donc choisi de représenter cet extrait car nous avons pensé que cette scène est importante. En effet, elle révèle pour la première fois le projet de meurtre de Lorenzo et sa fausse personnalité. On le découvre menteur, bon acteur et mesquin. On comprend aussi que le Duc a une confiance aveugle envers son cousin et que ce dernier à donc réussi à le manipuler. De plus Giomo est présent dans cette scène, il est le seul personnage de la pièce à voir clair dans le jeu de Lorenzo, c'est le premier indice pour ce qu'il se passera par la suite.
La mise en scène : En ce qui concerne la position des personnages, nous avons choisi de nous organiser en arc-de-cercle, pour pouvoir apparaître toutes les 3 sur le champ, mais aussi car les 3 personnes devaient regarder le sujet principal de la discussion : le puits.
Ensuite, on peut remarquer que de temps à autre Alexandre cache Lorenzo : par intermittence on peut voir le Lorenzo corrompu sous l'influence d'Alexandre (on ne le voit donc que peu) puis quand il se décale on peut voir le "vrai" Lorenzo (on le voit en entier, y compris son visage).
Louise Labé, portrait gravé par Pierre Woeiriot (1555), BNF
Sonnet 18
"Baise m'encor, rebaise-moi et baise
Donne m'en un de tes plus savoureux
Donne m'en un de tes plus amoureux
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise"
Louise Labé, Oeuvres, Edition Jean de Tourmes, 1555
Interview 18
"L'amour charnel, le désir, dès qu'il est exprimé par une femme, ça crée tout de suite des émeutes."
"Je ne suis pas tout à fait d'accord avec le néoplatonisme : moi je crois que l'amour, c'est l'amour de deux âmes, mais aussi de deux corps."
"Je fais un baiser à Olivier, je crois qu'il nous écoute !"
"Nous nous quittons avec le tube déjà culte des Troubadours de Brocéliande..."
Bronzino, Venus, Cupidon, la Folie et le Temps (1545)
Cliquez ci-dessus pour écouter la lecture du sonnet 18 par Louise Labé elle-même
Cliquez ci-dessus pour écouter les réponses de Louise Labé aux questions de radio i-voix (avec le tube des Troubadours de Brocéliande !)
Performance avec Goulven Ka
J'ramènerais
J'ramènerais la tour de Pise
pour voir si la droiture des hommes
est toujours indécise
qu'à mon âge
l'immensité d'une chose ne tient pas qu'à une femme
J'ramènerais les rues de Volterra
pour retrouver le chemin
de ces siècles d'embarras
...
(extraits d'une joute oratoire
composée lors d'un atelier d'écriture avec Goulven Ka)








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