Florilège - i-voix à écouter 1
Tout au long de l'année 2013-2014, les lycéens d'i-voix ont partagé en ligne des productions orales diverses. En voici quelques exemples...
En amour il ne suffit pas d'aimer
Il faut savoir éclore
Trouver le son
Inventer l'autre pour s'inventer
Mourir
Renaître
Plonger dans la souffrance des torrents
...
Lecture d'Ernest Pepin par Sahra
NICOLAS DE STAEL : Nu couché bleu (1955)
Justification du choix par Sahra
Bonsoir mon bel étalon, voudrais-tu de l'aide ? tu sembles en bien mauvaise posture face à la taille de son bâton, et de ces muscles, Ô ces muscles ! Mais quel talent avaient ces artistes d'autrefois ! ... Je pourrais t'aider c'est sûr, mais je trouve fort dommage de retirer un si beau visage à de si splendides formes !
Pour un grand courage, je te saisirai le cou !
Et pour la gloire je te casse le genou !
Ciel ! voilà que le vin me fait faire des vers, et s'ils sont justes c'est que je ne suis pas encore assez gris !
Il boit dans sa bouteille -
Héraclès... n'en as-tu pas assez fait ! Terrasser des monstres et des monstres, cela doit être épuisant ! Au fond, je t'envie tu sais, pas pour ta force ni pour ton courage, mais pour ta gloire, pour la trace indélébile que tu as ancrée dans l'histoire ! En fin de compte, nous ne sommes pas si différents tous les deux, je vais moi même laisser une marque de mon passage sur terre, mais je commencerai par toi !
Il lui coupe la tête.
(...)
Là, de l'autre côté des choses,
Là, sur l'autre rive
Où je n'étais pas
Où je me cherchais
Où je me cherche encore.
Yves Tanguy - Les nouveaux nomades (1935)
Justification du choix par Iris
Louise Labé, portrait gravé par Pierre Woeiriot (1555), BNF
Sonnet 8
"Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie
J'ai chaud extrême en endurant froidure"
Louise Labé, Oeuvres, Edition Jean de Tourmes, 1555
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pour écouter la lecture du sonnet 8
par Louise Labé elle-même
Interview 8
Louise Labé :
"L'amour, c'est fait de contrastes, d'oppositions permanentes : le bonheur, le malheur, la vie, la mort, c'est tout ça à la fois, et c'est ce qui en fait la beauté."
"Les Troubadours de Brocéliande ont fait le buzz dans la sphère médiatique en reprenant un de mes poèmes..."
"L'humanisme place l'homme au centre et nous permet de redécouvrir le monde : c'est une chance merveilleuse que ce courant existe !"
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pour écouter les réponses de Louise Labé aux questions de radio i-voix
Piero di Cosimo - Portrait de Simonetta Vespucci (1480-1490)
(Louise Labé à la radio par Zoé)
tenir en bride
les élancements
les nuits sans lune
pour que le chant soit
la peur de la mort
une chemise de nuit
cette présence en soi
Lorenzo, une nuit, ivre une fois de plus, se promène dans Florence. il croise la statue de Dante.
Te voila toi, que fais-tu sur mon chemin ? Tu te penses supérieur car tu es plus haut que moi ? Il est vrai que tu as tout pour plaire, mais figure-toi que je n'ai rien à t'envier.
Tu es un homme politique, mon cousin gouverne Florence.
Tu es un grand poète et un homme de lettres, j'ai moi même fait de grandes études avant de devenir ce que je suis.
Tu es le père de la langue Italienne : vois-tu, les rues foisonnent de débauchés, je suis un père pour toutes ces personnes !
Certes ton image est gravée dans le marbre, tu es impassible, mais bientôt mon tour viendra, les hommes me glorifieront pendant des siècles!
Que montres-tu de ton index crochu ? Est-ce ta tête qui te démange ? Ne te fais pas de soucis, je vais t'en débarrasser.
ll fait nuit. Lorenzo s'approche de la statue.
Cesse donc de me dévisager ainsi, Lion. Tu portes sur moi un regard que tu as volé à tes maîtres, tu n'es qu'un animal enchaîné par la tyrannie et la crédulité, exactement comme ce pauvre peuple de Florence. Tu ne sembles pas voir plus loin que le bout de ton museau. Sâche que, dans mon esprit, ta tête de marbre jonche déjà le sol... mais je ne suis pas mauvais, Lion. La débauche ne m'a pas rendu aussi cruel que le temps, c'est de lui que tu dois te méfier, il est ton véritable ennemi. Il t'aura à l'usure, et, avec le plus malin des plaisirs, te délestera de cette énorme tête que tu portes sur tes épaules. Quant à moi, je m'occupe de celle d'Alexandre. Il serait très amusant que la tête du despote tombe en même temps que celle de la statue qui le symbolise. Mon vrai visage apparaîtra pendant que le tien s'écrasera sur les pavés. Enfin, tout ceci n'est qu'une question d'heures. Tâche de profiter de celles qu'il te reste...
(...)
Il a construit au fond du couloir un secret. Qu'il nourrit tendrement. Un secret d'amour qui ne m'appartient pas
Lecture de SOFIA QUEIROS par Jessica
Alberto Reguera - Aquatic Landscape with Floating Colors
Justification du choix par Jessica
Louise Labé, portrait gravé par Pierre Woeiriot (1555), BNF
Sonnet 12
"Luth, compagnon de ma calamité,
De mes soupirs témoin irréprochable ..."
Louise Labé, Oeuvres, Edition Jean de Tourmes, 1555
Interview 12
"J'écris mes poèmes sous la forme de sonnets, car c'est une des formes les plus strictes de la poésie. Je me suis toujours efforcée d'écrire selon les règles d'écriture que Pétrarque a mises en place..."
"La musique a une place importante dans ma vie, plus que tout au monde, plus même que l'écriture de mes poèmes. Quand je suis heureuse, mon luth chante le bonheur, et quand je pleure, il chante la tristesse."
"Je crois en l'être humain. Et je crois que tout le monde doit s'instruire le plus possible. J'aimerais tout connaître."
"J'écris aussi pour la beauté de la langue, et toutes ses possibilités extraordinaires."
Le joueur de luth, par Caravage (vers 1595)
Lecture du sonnet 12 par Louise Labé
Interview de Louise Labé 1ère partie
Interview de Louise Labé 2ème partie (avec une interprétation exclusive du sonnet par les Troubadours de Brocéliande !)
Me voici
me voici devant vous ici la terre
des libertés et des droits humains
plus de nez dehors
tomber debout
lorsqu'il rêve à contre courant
nuit sans lune
cette cicatrice
une infinité de points
le silence monte
d'une feuille d'or
la vie secrète
odeur de marée verte
la saveur du mot cache leur bonheur
Florence. - Piazza della Signoria.
Entre Lorenzo.
"Que fais-tu là, ami ?! Crois-tu qu'on ne discerne point ton ombre, se glissant dans la pénombre pour ravir à ses nobles familles leurs jeunes filles ? Lumière du ciel ! Toi, Romain, symbole de courage et de hardiesse. Quelle folie t'habite, quel esprit malin parcourt ton corps de marbre ? Quoi ? Que dis-tu ? Non, non... Tu ne parles pas, tes muscles, figés, pour l'éternité, tes bras tendus et enlaçant la mère d'hommes libres, tout, jusqu'à la plus infime partie de ton être est crispée dans cet élan. Tu ne peux te défendre, face à moi, moi que le vice a déjà gagné, corrompu jusqu'à la moelle, cependant je peux t'aider l'ami. Faire tomber cette tête serait une si bonne chose ! Une bonne action, qui pourrait me délivrer. Oui, ton regard me semble si froid, tu tiens en tes bras la faiblesse des Hommes et à tes pieds gît le désespoir mêlé d'horreur. Il suffit ! Sang du christ, j'en perdrai la tête... ô romain ! Le temps est venu pour toi de perdre la tienne.
Il le décapite.
Photo personnelle de la statue de Giambologna à Florence :
L'enlèvement des Sabines
(...)
Mais qui dira
La partition qui rêve de devenir musique
L'honnêteté de la note juste
Le cercle étroit des bras
La source en sourdine quand naît la perle de l'eau
(...)
Lecture d'Ernest Pepin par Rita
Justification du choix par Rita
Deux petits couplets sans prétention que j'ai enregistrés avec les moyens du bord, sur une instrumentale d'un ami de Brest, monsieur Netsuko... Enjoy !
"l'invisible de son visible
on ne le voit pas
il est partout
ferme les yeux
regarde le calme et le chaos à la fois
(...)
L'homme en noir vit dans la musique,
il chante ses mots et marche mélodique.
L'homme en noir vit très loin,
il regarde devant assis dans le présent.
(...)
L'homme en noir a une raison,
bien plus longue que l'horizon,
bien plus belle
qu'une chanson.
L'homme marche dans le noir et mélodique.
Cliquez ci-dessous
pour écouter Sahra et Iris
accompagnées par Goulven Ka











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