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Publié par Jeanne

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(...)

 

Le matin en terre pousse

de travers.

 

Extrait du recueil Une neige et des baiser exacts, page 39.

 

Lorsque j'ai lu ce poème de Lysiane Rakotoson, et en particulier ces deux vers, j'ai eu une étrange sensation. Le premier vers  " Le matin en terre pousse " s'apparentait, à mon sens, à quelque chose de positif : la naissance d'un jour nouveau, le levé progressif du soleil, la brume disparaissant peu à peu...

Mais lorsque mes yeux ont parcouru le vers suivant  " de travers "  le sentiment de plénitude si présent au vers précédent s'est évanoui. Je pense que l'auteure de ces vers a précisement choisi de placer ce " de travers " , non pas à la suite de '' pousse " mais à la ligne suivante car, en jouant ainsi avec la syntaxe de la phrase, avec cette ingénieuse disposition des vers, nous voyons le '' matin " autrement. 

Le '' matin " , dans la poésie en vers, poésie de la beauté, fait depuis toujours écho à la perfection : la rosée délicate, un soleil perçant les feuillages, etc. En revanche, avec ce '' de travers '', de ce poème en prose, il apparaît comme quelque chose de simple et qui, aussi beau soit-il, a ses défauts et n'est pas aussi parfait que ce que l'on imagine. J'ai donc été surprise car les poèmes que j'ai pu lire jusqu'ici ont toujours associé le lever du soleil à un phénomène magnifique, sans jamais penser à évoquer ses quelques imperfections.

 

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MLB 09/02/2013 16:19


Très juste !


Sur le plan de la versification, il s'agit d'un rejet.