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Publié par Margaux.S

LORENZO POEMES

 

  • Présentation littéraire :

Louis Aragon

 

       (1897-1982).   Aragon était un poète, romancier, journaliste et essayiste français de la 2ème partie du XXème siècle. Il était membre du mouvement littéraire, le dadaïsme et fut l'un des créateurs du surréalisme avec André Breton, Paul Héluard et Philippe Soupault. Mais Aragon était également connu pour son soutien au parti communiste français.

 

A partir de 1950, nombre de ses poèmes furent mis en musique et chantés par de nombreux artistes comme Jean Férrat ou Léo Ferré par exemple.

Le poème "est ce ainsi que les hommes vivent" figurant dans le recueil Le roman inachevé fut notamment interprété par Léo ferré, Bernard Lavilliers, Yves montand...

 

Est ce ainsi que les hommes vivent?

 

Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
À quoi bon puisque c’est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m’éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j’ai cru trouver un pays.
Cœur léger cœur changeant cœur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes nuits
Que faut-il faire de mes jours
Je n’avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m’endormais comme le bruit.
C’était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
On faisait des châteaux de sable
On prenait les loups pour des chiens
Tout changeait de pôle et d’épaule
La pièce était-elle ou non drôle
Moi si j’y tenais mal mon rôle
C’était de n’y comprendre rien
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent
Dans le quartier Hohenzollern
Entre La Sarre et les casernes
Comme les fleurs de la luzerne
Fleurissaient les seins de Lola
Elle avait un cœur d’hirondelle
Sur le canapé du bordel
Je venais m’allonger près d’elle
Dans les hoquets du pianola.
Le ciel était gris de nuages
Il y volait des oies sauvages
Qui criaient la mort au passage
Au-dessus des maisons des quais
Je les voyais par la fenêtre
Leur chant triste entrait dans mon être
Et je croyais y reconnaître
Du Rainer Maria Rilke.
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent.
Elle était brune elle était blanche
Ses cheveux tombaient sur ses hanches
Et la semaine et le dimanche
Elle ouvrait à tous ses bras nus
Elle avait des yeux de faÏence
Elle travaillait avec vaillance
Pour un artilleur de Mayence
Qui n’en est jamais revenu.
Il est d’autres soldats en ville
Et la nuit montent les civils
Remets du rimmel à tes cils
Lola qui t’en iras bientôt
Encore un verre de liqueur
Ce fut en avril à cinq heures
Au petit jour que dans ton cœur
Un dragon plongea son couteau
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent

 


  • Histoire littéraire :

Lorenzino De Médicis

 

Il est né en 1514 à Florence et est mort en 1548 à Venise, peu après avoir assassiné son cousin ( et compagnon de ses excès) Alexandre de Médicis.

Lorenzo était un homme politique, un écrivain et un dramaturge de la Renaissance. Mais c'était également un grand poète, il écrivit de nombreux recueils qui ne furent jamais reconnus à cause de sa mauvaise réputation! On ne célébra donc pas une seule des ses oeuvres, ce qui fit le bonheur de certains ! En effet, quelques un de ses poèmes furent plagiés par de nombreux grands poètes tels qu' Aragon , Victor Hugo, Prévert et j'en passe!

 

Dans son poème "puisque leurs tyrannies nous suivent"  figurant dans le recueil Bonheurs lointains , Lorenzino exprime ses souffrances, son mépris envers les hommes, et sa perte d'une jeunesse pure et heureuse au temps où il n'avait pas appris ce qu'étaient la vie et les hommes.

 

Puisque leurs tyrannies nous suivent

 

Tout est affaire de décor

Bien trop tôt j'ai changé de corps

Le vice en moi demain encore

je serai toujours un bandit

Mon sang est le sang de vos veines

car je suis l'ombre de vous même

Vous qui m'avez fait tant de peine

je connais maintenant la vie

J'ai si mal et j'ai le coeur lourd

le temps de rêver est bien court

Alors je souffre jours et nuits

Moi qui crus pourtant en l'amour

En la vertu et la grandeur

Purs étaient mes mains et mon coeur

J'étais assoiffé de bonheur

Mais l'idée me vint une nuit

Bien qu'une idée déraisonnable

Je  voulus sauver ma patrie

En moi vint le démon le diable

Un tyran mourra de mes mains

Celui qui dort sur mon épaule

Ne trouvez-vous donc point ça drôle

Mon bel amant n'y comprend rien

De notre bonheur ils nous privent

Puisque leurs tyrannies nous suivent

Même des femmes j'ai la haine

Voilà où le vice nous mène

Vers la débauche les entraîne

Je les touche du bout du doigt

Pour qu'elles ôtent leurs dentelles

La courtisanerie en elles

Et la débauche à la mamelle

j'aime éduquer les femmes à ça

Avant, au temps où j'étais sage

J'aimais regarder les nuages

J'écoutais les gens au passage

Dans leur maison certains criaient

je les voyais à la fenêtre

Leur chants tristes peuplaient mon être

Le malheur qu'un tyran fait naître

Je veux juste soigner les plaies

De notre bonheur ils nous privent

Puisque leurs tyrannies nous suivent

ce soir je hume ton sang chaud

J'ai enfin calmé mes ardeurs

Je ressens en moi le bonheur

Ce fut ce jour où dans ton coeur

le démon plongea son couteau

De notre bonheur ils nous privent

Puisque leurs tyrannies nous suivent

 

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Photo i-voix

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