Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Margaux M

LORENZO POEMES

 

 

Charles Baudelaire (1821 - 1867), poète français et héritier du romantisme, exprime à la fois le tragique de la vie humaine et la vision de l'univers. Après Les Fleurs du mal, qui lui valurent une condamnation pour immoralité, son oeuvre critique et ses Petits Poèmes en prose sont la source de la réflexion sur la modernité.

 

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir
Valse mélancolique et langoureux vertige.

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
Valse mélancolique et langoureux vertige
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir
Du passé lumineux recueille tout vestige
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir.

 

 

  Baudelaire signatur

 

 

 

Lorenzino de Médicis, dit Lorenzaccio ( 1514 - 1548 ), homme politique, écrivain et dramaturge appartenant à la famille florentine des Médicis, fut mêlé aux intrigues et complots qui secouèrent cette grande famille à l'époque de la Renaissance. Il est devenu inséparable avec le duc Alexandre de Médicis, son cousin. Il l'accompagnait dans ses excès, ses actions criminelles et dans ses débauches. Le soir du 5 janvier 1537, Lorenzino tua Alexandre avec Scoronconcolo pour libérer Florence d'un tyran. Après quelques voyages ,il revint à Venise, le 26 février 1548, où il fut tué par deux hommes. Alfred de Musset relatera à sa manière cet assassinat. Comme le montre le sonnet suivant qui a inspiré Baudelaire, l'oeuvre de Lorenzaccio est la source de la modernité poétique.

 

 

mucha.jpg

 

Harmonie du soir 

 

Voici venir le temps où s'ouvre ma colère,
Chaque parole en l'air s'évapore en fumée.
Les sons et les parfums tournent pendant l'été
Les larmes de ses yeux, doux, fécondent la terre*.

Chaque parole en l'air s'évapore en fumée
Et les proies de la mort frémissent dans notre ère.
Un cri si monstrueux, un mélancolique air :
Le ciel est triste, double de ma liberté.

Et les proies de la mort frémissent dans notre ère :
La haine d'un cœur entièrement étouffée.
Le ciel est triste, double de ma liberté.
Médicis s'est noyé dans son sang éphémère.

La haine d'un cœur entièrement étouffée :
Visage trop couvert d’un masque de colère.
Médicis s'est noyé dans son sang éphémère
Son souvenir en moi s'efface, assassiné.

 

 

  *Musset a repris ce vers dans sa pièce Lorenzaccio,

Acte III, scène 3

signature-lorenzo.jpg

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article