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Publié par Morgane

   

Pétrarque 

(1304 - 1374) 


GEDC0890-001

 

       Francesco Petrarca dit Pétrarque, est un poète italien célébrissime né à Arezzo. Lors d'une de mes habituelles filatures (victime d'une rumeur comme quoi Lady Gaga serait en séjour en Toscane) je suis tombée sur lui. Vous pouvez comprendre ma stupéfaction lorsque mes yeux se sont posés sur les siens:  "C'est pas possible! Lui, grand maître d'inspiration de Louise Labé, auteur du Canzoniere, humaniste accompli... Ici?!" Ni une ni deux, je sortis mon appareil photo, et immortalisai la scène (voyez ma parade vestimentaire pour que personne ne me reconnaisse et ait des doutes sur mes réelles activités, j'entends ici le paparazzisme). J'espère qu'avec ce cliché je pourrais enfin m'offrir l'intégrale de ses écrits, originaux bien sûr. Vous demandez-vous pourquoi tant d'engouement? Cela veut dire que vous avez manqué les cours de Français du trimestre dernier. Ce n'est pas bien, mais suivez-moi, les cours de rattrapage commencent! 


    Pétrarque est un poète humaniste du XIVème siècle, il sera un des écrivains majeurs de la littérature italienne et même européenne. Son père, grand ami de Dante (autre star humaniste) lui apprendra les fondements de l'humanisme et jouiera d'une enfance agréable. C'est en avril 1327 que son chemin croise celui de la belle Laure de Noves (1310 - 1348), une rencontre qui changera sa vie et qui aura un réel impact sur son oeuvre. Le coup de foudre sera immédiat, et Laure de Noves deviendra Laure aux mains blanches, muse éternelle de Pétrarque. C'est à partir d'elle que le Canzoniere (le Chansonnier) va voir le jour. C'est un recueil composé de 366 poèmes d'amour, tous dédiés à Laure. Ils chantes cette relation platonique sous forme de sonnets, un style particulier nommé le pétrarquisme en honneur au poète. Cette façon d'écrire sera reprise notamment par Louise Labé, admirative du talent de Pétrarque, en reprenant les thèmes et structures du recueil.


Voyons il Canzoniere de Pétrarque :


Pace non trovo, et non ò da far guerra;
e temo, et spero; et ardo, et son un ghiaccio;
et volo sopra 'l cielo, et giaccio in terra;
et nulla stringo, et tutto 'l mondo abbraccio.

Tal m'à in pregion, che non m'apre né serra,
né per suo mi riten né scioglie il laccio;
et non m'ancide Amore, et non mi sferra,
né mi vuol vivo, né mi trae d'impaccio.

Veggio senza occhi, et non ò lingua et grido;
et bramo di perir, et cheggio aita;
et ò in odio me stesso, et amo altrui.

Pascomi di dolor, piangendo rido;
egualmente mi spiace morte et vita:
in questo stato son, donna, per voi. 

 

 

Sa traduction française par Jean-Claude Monneret :


Nulle paix je ne trouve, et je n'ai pas de guerre à faire :
Je crains et j'espère; je brûle et je suis de glace.
Et je vole au plus haut des cieux, et je gis à terre;
Et je n'étreins nulle chose, et j'embrasse le monde entier. 

Qui me garde en prison la porte ne m'ouvre ni ne ferme,
Ni ne me tient pour sien, ni ne défait les liens;
Amour ne me tue pas et ne m'ôte pas mes fers,
Ne me veut pas vivant, et ne vient pas à mon secours. 

Je vois et n'ai point d'yeux, et sans langue je crie;
Et je désire périr, et demande de l'aide;
Et pour moi je n'ai que haine et pour autrui qu'amour 

Je me repais de ma douleur, et en pleurant je ris;
Également m'insupportent vie et mort :
En cet état je suis, Madame, pour vous.

 

Puis, "Je vis, je meurs..." (1555) de Louise Labé :


Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur. 


Nous pouvons voir que la réelle inspiration de Louise Labé est puisée dans les poèmes de Pétrarque, voyez ces ressemblances frappantes. Alors Louise, cette réécriture, imitation ou innovation?

 

    Vous comprenez maintenant pourquoi il m'était primordial de partager cette découverte avec vous. Et que mon état de surexcitation était à la hauteur de la situation et tout à fait approprié.


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Nina 30/05/2013 19:24


C'est top!!!!

Morgane 27/05/2013 18:58


Merci beaucoup, j'ai trouvé ça super amusant de se mettre en scène avec un humaniste! 

Juliette H. 22/05/2013 20:01

Super ton article Morgane :)