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Publié par Adèle

Le recueil Lichen, encore d'Antoine Emaz est constitué de 9 parties différentes :

 

                                           - Notes, I                                                                   - Sensation

                                           - Pensée effilochée, I                                       - Notes, III

                                           - Ecriture et voix                                                - Pensée effilochée, III

                                           - Notes, II                                                                  - Traverses

                                                                            - Pensée effilochée, II

 

Le recueil est ponctué de dessins étranges, indéchiffrables, comme s'ils représentaient des signes chinois. Ils sont signés Helène Durdilly.


Les parties intitulées Notes sont faites d'anecdotes sur la vie de l'auteur, à plusieurs moments de la journée, et de ce qui a retenu son attention. On retrouve beaucoup de réflexions, comme le fait que plus "l'écriture est économe de mots, plus elle optimise la résonnance de chacun d'eux, et ouvre le sens". Mais il faut modérer cette écriture "elliptique", sinon il ne reste plus qu'un mot "nu comme un ver".


Les parties intitulées Pensée effilochée sont composées de plusieurs constatations, simples ou plus complexes, qui sont généralement teintées d'humour, car le lecteur n'y aurait pas pensé. On y retrouve également des réflexions, sur toutes sortes de sujets, mais l'écriture et la pensée sont récurrentes.

 

"Tout cela manque de gravité, tête centrifugée ?'

"Quand le blanc vaut les mots... Est-ce compréhensible par quelqu'un qui n'écrit pas ?"

"Grouillement d'idées ne dépassant pas le stade de la larve"

 

La partie Ecriture et voix s'interroge sur la fonction de la voix dans la lecture d'un texte ou sur le fait qu'un poème est d'abord sonore avant d'être visuel. L'auteur livre son avis personnel qui est qu'il considère que le papier, "sa présence et son silence", est aussi important que l'oral car il permet une "musique mentale, pour l'oreille interne", qui est plus lourde de sens.

 

La partie Sensation est consacrée a des réflexions sur la place de la sensation dans un poème, sur son sens... Antoine Emaz pense que "la sensation est essentielle au poème, mais elle n'est pas son seul moteur". Il considère que "l'écriture se situe dans un champ de forces multipolaire : sensation, émotion, mémoire, langue. La puissance de chaque pôle n'est jamais capable d'exclure les autres,  et elle varie selon chaque poète et dans une oeuvre, à chaque poème."

 

Enfin, la partie Traverses parle de la poésie plus généralement, ce qu'elle est, à quoi elle sert, comment il faut l'écrire... L'auteur dit qu'il n'écrit pas "pour créer de la beauté, ou pour convier à une fête de l'intellect", mais pour "trouver un peu d'air", c'est-à-dire, "éviter l'écrasement ou l'engloutissement par le manque". Selon lui, il ne faut pas se poser la question d'écrire bien ou beau, mais d'écrire juste. Et c'est là la seule contrainte du poème. Aussi, il parle de sa préférence d'une poésie objective, car "une trop forte présence de l'auteur gêne l'aval du poème". La poésie n'est pas qu'un "travail de langue" mais doit "mobiliser tout l'être, de l'auteur comme du lecteur". C'est-à-dire que la poésie doit "s'adresser au lecteur dans son entier : corps, mémoire, affectivité, intellect, culture..." C'est ce qu'Antoine Emaz appelle "l'ébranlement du langage".

 

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