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Publié par i-voix

Affiche i-voix.net

 

 

Définition  :

 

et si un écrivain

était quelqu'un

qui transformait ses lectures en écritures ?

 

 

Hypothèses :

 

et si à l'ère du numérique,

le livre était enrichi par le lecteur lui-même ?

 

et si chacun  augmentait ainsi sa propre réalité ?

 

 

Devinette :

 

saurez-vous reconnaître

les auteurs qui ont inspiré les textes suivants

aux lycéens-lecteurs-écrivains d'i-voix,

les oeuvres qu'ils ont enrichies de ces productions

(imitations, inspirations, fragments perdus, dilatations ...) ?

 

 


 

 

 

margaux dessin010

 

QUAND LA PANIQUE TE FAIT MONSTRE :

1) Larme

2) Cils relevés

3) Eclatement des narines

4) Fatigue cernée

5) Explosion oculaire

6) Vue du trou noir

 

Margaux

 


 

Il ne répond pas, trois heures que je tourne en rond. Envie de tout exploser, envie de mettre les choses au clair. J'entends la clé dans la serrure, c'est l'heure de vérité. Mais non ce n'est que la voisine qui ramène ce putain de paquet de sucre prêté la veille. Trop énervé, je lui parle séchement. Glaciale, elle s'en va, tant mieux. A quoi servent les nouvelles technologies si c'est pour se mettre dans ces états. Mais non, mon portable sonne, ça n'arrivera pas.

 

Pauline

 


 

For the next 3 years

C'est cramé, ça crame encore

dans ce qui crame encore

il

y

a

Mécréant

 

 

Nathan

 


 

Franz-Georg m’exaspère. Il ne parle pas, reste muet, on croirait qu’il joue au roi du silence en permanence. Il est placide, comme une vache qui rumine sans un bruit. Et ses yeux tout le temps perdus dans le vide, cette manie de transporter son ours partout avec lui… Le pire, c’est l’attitude de Thea envers lui. Elle est devenue si vulnérable après la mort de ses frères qu’elle n’ose pas hausser le ton devant ce petit.  Pourtant cela ferait tant de bien à ce gosse de se faire remettre en place une fois pour toute. Mais Thea ne veut pas le brusquer, elle dit qu’il a besoin de tendresse, d’amour et non de haine ou de colère. Alors moi, l’homme de cette maison je dois rester calme. Je n’y arrive presque jamais, et cela me vaut des disputes incessantes avec Thea. Franz-Georg, pour moi ne deviendra jamais quelqu’un, il ne sert qu’à m’attirer des ennuis.

* Clemens Dunkeltal

 

 

Cet homme a quelque chose. C’est sûr il est mystérieux, ne parle jamais de son passé, mais il partage. Il porte sa vingtaine d’années très dignement, on croirait presque qu’il en a cinquante de plus tellement il est sage. Mais Adam –alias Magnus – est un homme fougueux, il suffit juste que quelqu’un le libère de ce poids du passé qu’il traîne depuis trop longtemps.  Il peut s’ouvrir au monde, être lumineux. Sa pensée n’est pas celle de tout le monde, de même pour sa vision des choses, explicites ou abstraites. Comme il parle peu, il donne du sens aux mots, tout comme au silence. Je sais qu’en avançant il deviendra quelqu’un de bien, malgré le passé.

 

  * Lothar Schmalker

Léna

 


 

 

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Je t'écris, stylo à la main toute la nuit. Je t'écris, des pages blanches puis des pages gribouillées. Je t'écris, des lignes de souvenirs, d'espoir et d'impatience. J'abandonne une partie de nous à chaque mot. Puis je tourne la page.

 

 Justine


 

Chère Peggy,

j'ai bien reçu votre lettre. Ce dîner que nous avons partagé avant votre départ était étrange, tant et si bien que je n'ai parlé à personne de ce qui est arrivé ce soir-là. Je dois avouer que j'ai ressenti un profond malaise lorsque je suis parti - cette maison, vide, où bientôt d'autres personnes allaient vivre, m'effrayait, et plus encore, je craignais que votre départ se scelle sur un conflit. Vous dites que vous progressez et que vous allez de l'avant. Je ne peux rien vous souhaiter de mieux, et je suis heureux si cette dispute, ou bien cette discussion, vous a aidé à voir plus clair en vous.

Ai-je connu cette lente défiguration de l'amour ? Pas encore, ou plutôt, c'est la mort qui a, brusquement, défiguré l'amour que j'ai éprouvé pour certaines personnes, et surtout pour mon père. Ce sont les millions de morts dont il portait la responsabilité qui ont pourri son masque et m'ont brisé le coeur. J'avais aimé mon père, et au fil des années je l'ai vu se rabougrir, s'affaiblir : étrangement la laide évolution de son apparence suivait en rythme celle de l'estime que je lui portais. J'en suis venu à le haïr, comme vous avez détesté Tim. Je ne le retrouverai probablement jamais, je ne pourrai pas lui faire connaître ma pensée, et c'est presque tant pis : l'heure est au mouvement et, comme vous l'avez dit, à un début de délivrance.

Je serais heureux de vous rendre visite à Vienne, c'est une ville que je ne connais pas et que j'aimerais beaucoup découvrir. Je pensais venir le mois prochain, dites-moi si cela vous convient, et je vous informerai de la date précise par la suite.

Amicalement,

                    

                                                                                                           Magnus.

 

Margaux

 


 

 

Une petite fille mange une glace dans un parc

Un trentenaire regarde la télévision

Souvent les fraises sont rouges

La question du centre se pose

Un homme âgé se suicide

Marilyn Monroe était blonde

Un meuble se fait cogner par un orteil

 A Paris un couple se tient par la main

 

 

TIC____TAC

TIC____TAC

TIC____TAC

 

 

Deux amis rient aux larmes ; il est 3h

Une personne malade prend ses médicaments

Des soeurs prennent le bus pour aller faire du shopping

Dans les églises il y'a rarement des chateaux de sable

Souvent on mange le plat avant le dessert

Un enfant serre fort son ours en peluche

Un portable sonne dans la salle d'attente

  

La question du centre n'en finit plus de se poser

 

Florence

 

 


 

avec un peu moins d'une 

idée

et quelques illusions on peut passer du 

scolaire

au

solaire

et du solaire on peut passer au 

solidaire 

 

 

Lisa

 


 

Bessis Dilatation

 

Mona

 


 

Un homme boit un café en terasse

A Rio de Janeiro il est 22 h 09

Une cigarette s'éteint dans un cendrier

Il y a un domaine où l'amour est roi

A Venise un homme se noie 

Vus d'en haut les hommes ressemblent à des fourmis

On annonce à un homme qu'il est atteint d'un cancer

Une petite fille pleure

Un avion passe à travers les nuages

La question du centre se perd

 

Agathe

 

 


Monsieur Orgon, entrant dans la pièce. Ah ! vous êtes ici ! Je vous cherchais. (S'arrêtant au milieu de la pièce.) Qu'y a-t-il ?

 

Silvia, en soupirant. Je ne sais, là est le problème.

 

Monsieur Orgon, froncant les sourcils. Comment cela ? (S'approchant.) Je vois à votre expression que quelque chose vous chagrine, ma fille. Dorante ne vous convient-il pas ?

 

Silvia. Ah, s'il ne me convient pas ! Vous avez raison, absolument pas. Je ne peux même le regarder.

 

Monsieur Orgon, en chuchotant. Et Bourguignon ?

 

Silvia, méfiante. Quoi, Bourguignon ?

 

Monsieur Orgon. Eh bien, il me semble que jusqu'ici, vous avez été plus souvent en compagnie de celui-ci que de son maître...

 

Silvia, après un silence. Eh bien, c'est tout à fait normal, mon père, puisqu'il est valet et que je suis de son rang aujourd'hui.

 

Monsieur Orgon. Je sens que vous me cachez quelque chose. Dites-le moi, je ne saurais vous juger. (En souriant.) Avez-vous de l'inclination pour ce cher Bourguignon ?

 

Silvia. Mon père, vous savez comme moi que je m'interdis d'aimer qui que ce soit.

Monsieur Orgon, en hochant la tête. C'est d'ailleurs un trait de votre caractère que je n'ai jamais compris.

 

Silvia. Il n'y a aucune raison à cela, ou peut-être la peur.

 

Monsieur Orgon. Mais vous n'êtes plus une enfant. Vous ne passerez pas votre vie seule !

Silvia, d'un ton brusque. Et si tel était mon choix ?

 

Monsieur Orgon, s'asseyant à côté de Silvia. Le choix ne vous appartient pas.

 

Silvia, agacée. Que voulez-vous dire ? Vous m'avez toujours affirmé que vous ne me marieriez pas avec le premier venu, dans la mesure où nous sommes assez riches pour nous éviter une union sans sentiments !

 

Monsieur Orgon. Et je vous le dis encore, mais, il est vrai que le choix ne vous appartient pas.

 

Silvia. A qui appartient-il alors ?

 

Monsieur Orgon. A votre coeur, ma fille. (Silvia lève les yeux au ciel.) Oh, ne vous emportez pas, je sais ce que vous allez me dire, mais s'il est quelque chose qui n'écoutera pas vos caprices, c'est votre coeur. 

 

Silvia, en souriant légèrement. Vous vous fourvoyez, puisque je compte bien lui faire entendre raison.

 

Monsieur Orgon, en riant. Raison ! Nous ne parlons pas d'un être capable de compréhension. Si vous pensez pouvoir lutter contre vous-même, faites comme bon vous semble. Je dois vous laisser à présent.

 

 

Louise

 


 

Ce matin, une peur "mytholittéraire" me prend. Elle me plaque contre terre. Je mords la poussière, écrasé par une immensité bleue.

C'est bien une peur primaire.

 

Clément

 

 

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