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Publié par Anne-Gabrielle

 

Marquis de Challev à Mme La Comtesse

 

Ma chère,

          Si je ne vous ai pas informé de cette heureuse nouvelle, c'était car il était évident pour moi que vous le sachiez déjà. Les commérages sont de bon ton à Versailles. Sachez cependant que votre précieuse amitié remplie toute mon existence, il serait donc d'une grande stupidité de venir la gâcher par de l'amour. J'ajoute aussi que ce n'est point à vous que je veux dérober le cœur. Ma respectable amie, comprenez que mon cœur s'est épris d'une autre, je ne peux vous conter le trouble qu'elle cause dans mon âme.

 

            Vous avoir pris comme cavalière de valse était pour vous redonner le sourire, j'avais ouïe de votre difficile situation à l'époque. Et c'était non sans une petite arrière pensée que je vous ai convié à partager quelques heures au château. Cependant, cette arrière pensée n'était que purement amicale, votre bonheur m'importe plus que pour n'importe qui et, il s'est avéré que je n'ai jamais été insensible à vos charmes. Cette idée m'est d'ailleurs devenue tourment, c'est à présent ce qui me tracasse le plus, vous voir verser une seule larme ou refréner un sanglot m'est insupportable, je vous le répète, votre bonheur m'importe. Je partage votre douleur, et le fait d'en être la cause me trouble et m'attriste d'une façon que vous ne soupçonnez même pas.

 

          Ma chère comtesse, je veux vous faire savoir que mes paroles ne sont point dénudées de sens et sont vraies, vous êtes belle comme le jour et il est aussi vrai que vous ne savez point danser, sans oublier que je vous ai fait part de ma volonté d'être éternellement présent pour vous, ce que je tiendrai. Sachez que vous pouvez compter sur moi, je vous serai dévoué autant que vous l'êtes pour moi. Je ne veux aussi que votre bonheur, j'espère que vous le trouverez dans une personne droite et honnête. Ma tendre amie, n'hésitez point à m'écrire lorsque vous n'allez pas bien, je ferai dans ces cas là mon possible pour venir vous rendre visite à Versailles et vous consoler du mieux qu'il me sera donné de le faire.

 

               Ne renoncez pas à ce que votre âme ressens pour moi, mais faites le pour vous. Oubliez-moi je vous en conjure, je ne vous oublierais cependant point. On ne peut oublier personne aussi excentrique que vous. Je vous dois la vérité au nom de l'amitié sincère que je vous porte, les fiançailles avec Mme De **** ne sont point une idée de mes chers parents mais l'expression de mes sentiments envers cette personne.

 

             Je consens tout de même à ce que nous continuions à danser. Ainsi nous pourrons partager nos réflexions sur le beau monde le temps d'une valse. Le devoir m'appelle, je dois donc vous quitter sur ces mots. Je vous adresse mes plus tendres baisers et vous promets de venir vous voir le 25 mars à votre demeure. Adieu ma chère.

 

 

Du château de **** ce samedi 22 mars 17**

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Anne-Gabrielle 03/04/2013 21:05


Merci Aude! :)

Aude 01/04/2013 12:09


j'aime beaucoup!!