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Publié par Camille

 http://img.over-blog.com/600x832/2/69/24/89/Sylvie-Germain/Lamoureux-Zo--couverture.jpgCouverture de Zoé

 

 

Paris,

Le 23 mai 1965

 

Chère Maman,

Je t’écris cette lettre dans l’espoir qu’un jour, nos chemins se croisent.

Vois-tu, Maman,  je sais que tu m’attends !

Où ? je ne le sais pas encore, mais je cherche…

Je t’imagine, heureuse, tantôt dans une  grande maison décorée avec goût, entourée d’enfants, peut-être au milieu de la campagne irlandaise…

Une autre fois, je te retrouve dans une grande ville comme Hambourg, en tant que célèbre artiste peintre, à la fois torturée et passionnée par une destinée hors du commun.

Tu me manques, ma Maman chérie ! Dans mes rêves, je vois l’image d’une femme tendre et aimante, les yeux rieurs malgré la souffrance que tu as endurée.

Me ressembles-tu ?

Lorsque je regarde mon visage dans un miroir, je m’interroge  toujours sur la couleur  « brun mordoré »de mes yeux. D’où me viennent mes fossettes et ce nez en trompette … J’ai comme une impression  de déjà-vu…

C’est bien  toi, Maman, qui m’a légué  tout cela. Quelle sensation agréable de savoir que je suis une partie de toi. Chaque fois que je pense à  nous, cela  me procure une telle sérénité, un bien être si apaisant.

 Je ferme encore les yeux et je me rapproche de toi, Maman ! Tu es si belle, tu ressembles à une Espagnole, avec tes longs cheveux noirs, je sens ton parfum et aussi tes lèvres qui se posent sur mon front pour un délicieux baiser…

Depuis que je t’ai retrouvé dans  ma mémoire, je pense  très fort à toi.

J’ai compris aussi que tu ne m’as pas abandonné. Tu as été contrainte de lâcher ma main…

Depuis que je sais, J’ai l’impression que ce douloureux moment ne pourra jamais plus s’effacer de ma mémoire.

Je te recherche, je renifle Magnus, mon nounours adoré, , que tu m’as offert, il y a  longtemps.

Cette odeur de lavande, omniprésente, me rappelle ton parfum, ta douceur, je te suis à la trace.

 

Magnus est mon réconfort, ce lien indéfectible avec toi, avec  cette vie merveilleuse à tes côtés, qui s’est, hélas, évaporée en quelques secondes.

Je te retrouverai, ma chère Maman, que tu sois à Vienne ou en France, peu importe l’endroit,

bientôt, je te croiserai et je te reconnaîtrai.

Je te dirai alors combien tu m’as manqué  et que j’aurais pu consacrer toute ma vie à te chercher, tellement je t’aime.

 

Ton Magnus qui t’aime de tout son cœur, pour toujours.


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