Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Erwann

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e9/MarivauxSlaveIsland.jpg

Source image

 

 

L'île des esclaves est une comédie en 11 scènes écrites par Pierre de Marivaux en 1725. Cette pièce est typique de l'écriture de Marivaux : on y retrouve la confusion entre le Maître et le Serviteur, les personnages récurrents du théâtre italien (Arlequin "le serviteur", Dorante "le maître", Silvia "la jeune première", Lisette "la servante",...), ainsi que le caractère des différents personnages, qui est également conforme au théatre italien ( Arlequin le paillard, Cléanthis l'entremetteuse...).

 

La première scène de la pièce se passe sur une île, probablement une île de la mer Egée, au temps de l'Antiquité. Iphicrate et son valet Arlequin échouent sur une île après le naufrage de leur navire au large. Cette île est appelée l'île aux esclaves : en effet, on apprend que l'île est habitée par des anciens esclaves d'Athéniens, qui se sont révoltés contre leurs maitres, et qui sont venus s'installer sur cette île déserte depuis. Ils tuent ou réduisent les maîtres qui passent par cette île à devenir les esclaves de leurs anciens serviteurs.


Dès la première scène, Arlequin met à profit cet état de fait en devenant immédiatement irrespectueux envers son maître, au point que celui-ci le menace de son épée. C'est dans cette position que les habitants de l'île apparaissent et découvrent les deux hommes.


Trivelin est le chef des insulaires, qui ont déjà trouvé deux autres rescapées du naufrage, en la personne de Euphrosine et de sa servante Cléanthis. Trivelin arrête le mouvement d'Iphicrate et leur explique que désormais, pour leur bien, Iphicrate et Euphrosine sont désormais les esclaves d'Arlequin et de Cléanthis, et ce jusqu'à ce que les anciens serviteurs soient contents de leur repentir ( à ce moment, on les renvoie à Athènes ).


Trivelin leur ordonne d'échanger leurs vêtements, leurs noms, ect...

Cléanthis, sur la demande de Trivelin, en profite pour dire à Euphrosine ses quatre vérités : elle avoue tout ce qu'elle pense vraiment sur sa maitresse et ses actions. Cette scène est particulièrement douloureuse pour Euphrosine, car elle doit supporter le discours de Cléanthis. Elle soutient que sa servante ment sur son compte.


Dans la scène suivante, Trivelin parvient à faire admettre ses défauts à Euphrosine, notamment en lui soutenant que le fait d'avouer son comportement à Athènes la ferait libérer plus tôt que si elle s'entêtait à nier les accusations de Cléanthis.


Après que Euphrosine aie avoué ses erreurs, Trivelin répète la même opération avec Iphicrate et Arlequin : néanmoins, le discours d'Arlequin est beaucoup plus court, car il a déjà bien bu de sa bouteille et il est visiblement embrumé dans les vapeurs de l'alcool. Si le discours est plus court, il n'en ait pas moins incisif : Iphicrate est décrit sous un jour très peu flatteur et, comme Euphrosine, il est contraint par Trivelin à admettre ses erreurs passées.

Dans la scène suivante, Arlequin et Cléanthis tentent d'agir comme leurs maîtres avant eux, mais c'est un échec : ils se disent la vérité et Arlequin est trop alcoolisé pour faire la cour de façon correcte à Cléanthis. Ils conviennent alors de tenter de séduire leurs anciens maîtres.


Dans la scène sept, Cléanthis donne l'ordre à Euphrosine d'aimer Arlequin, et de répondre favorablement à ses avances. Euphrosine est scandalisée par cette demande et est désespérée de sa situation.


Arlequin tente effectivement de séduire Euphrosine, mais celle-ci le convainc, par un monologue sur sa condition actuelle, de ne plus tenter de l'approcher, et ce définitivement.

Arlequin décide alors de forcer Iphicrate à aimer Cléanthis : mais Iphicrate démontre à Arlequin qu'ils sont en fait égaux, et que l'amour mutuel qu'ils se portent devrait les empêcher de se donner des ordres, comme ils le faisaient avant. Emu par cette découverte, Arlequin rend son habit et sa postion à Iphicrate.


Lorsque Clénathis, Euphrosine, Arlequin et Iphicrate se rencontrent, Cléanthis est très perplexe à l'idée que Arlequin aie pardonné à Iphicrate. S'ensuit un dialogue où Arlequin et Euphrosine tentent de convaincre Cléanthis de faire de même. Après les excuses sincères d'Euphrosine, Cléanthis accepte de retrouver son rang et son habit, et ainsi de réhabiliter Euphrosine dans sa fonction.


Dans la scène finale, on peut voir tous les acteurs de la pièce, et Trivelin qui leur donne la morale de la pièce en les libérant de l'île : ils sont désormais tous égaux, personne ne sera le maître des autres. Ils sont tous très heureux de leur condition.

 

Cette pièce montre bien l'opinion de Marivaux sur les relations entre maître et serviteur : Marivaux est avant tout un moraliste de société, et cette pièce est l'exemple type : il montre à tous les bourgeois qui voient la pièce que la société peut être renversée et que leur situation est avant tout liée à leur argent.


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article