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Publié par Joséphine

   Un jour, je devais alors avoir une quinzaine d'années, je suis descendue dans le jardin pour étudier au soleil et j'y ai trouvé mon père, à genoux sur la pelouse. Il tenait entre ses doigts un petit oiseau. Il était minuscule dans les grosses mains de travailleurs de mon père, ce dernier aurait pu le broyer d'un geste trop brusque. Mais au contraire, il manipulait l'animal avec une extrême douceur que je ne lui connaissais pas. Il m'a alors dit que la petite bête avait dû tomber du nid et que si on ne la sauvait pas il mourrait car sa mère n'en voudrait plus. Je lui ai fait remarquer qu'on arriverait sans doute pas à lui sauver la vie mais il me raconta que tout petit il avaitpris soin d'une mésange avec son frère et que celle-ci avait survécu.

   A compter de ce jour, il s'occupa de l'oiseau chaque soir en rentrant du travail, lui refaisant son pansement, variant sa nourriture et allant même jusqu'à lui raconter sa journée ... Je fut évident contente de remarquer qu'au bout de dix jours l'oiseau était guéri et pouvait voler de ses propres ailes. Mais cette histoire me laisse encore aujourd'hui une drôle d'impression : Mon père avait fait preuve envers un animal d'une attention et d'une protection qu'il n'avait jamais été capable de témoigner à sa propre fille ... Déclarer ses sentiments à un oiseau était-il pour lui plus facile que de livrer ses sentiments à un humain ?

 

 

 

Je pense que ce passage pourrait se situer lorsque l'auteur décrit son père décédé en face d'elle : " Dans son costume bleu sombre lâche autour du corps, il ressemblait à un oiseau couché. "

  

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MLB 05/06/2011 17:31



C'est vraiment très beau.