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Publié par Léna

"Je – il, tu – débarque dans cette chambre façon Six Feet Under. J’ai trop de sang dans les bras, la tête. Des fourmis dans les doigts. Ton visage en gros plan surexposé. Passé-présent catapulté flash-forward je sais pas quoi. Tu vois de quoi je parle, tu sais comme je le pense. Tu souris trop, trop fort, tes yeux sont trop tes yeux, le grain de ta peau varie sous l’éclairage mais, genre, je sais pas, trop. J’ai ma tête dans ton épaule à voir double contre toi. Mes yeux fermés, mon monde bascule. Vertiges. Je t’ai dit déjà que j’avais trop de sang, etc. ? J’ai comme un pied à côté, m’accroche à toi pour pas glisser, faire semblant ça ne m’aide pas. Tu me dis je reviens, je te vois quitter la pièce, toute lumière off. Sans être sorti tu reviens : c’est un couteau de cuisine que tu me plantes entre les omoplates. Quelque part je suffoque, souris. Tout ce sang trop plein sud, toute cette purge de peau. Assez, te dis-je, fermez les rideaux. Les contrastes s’épaississent, les contraires s’attirent. La peau moite, le sang perdu, je – il, tu – repose. Ça n’arriverait, paraît-il, qu’une fois, une fois dans une vie... en partant, partant du principe, que ça arrive, puisse arriver, soit susceptible de, etc." #61

 

Ce fragment du recueil de Guillaume Vissac est mon favori. Tout simplement parce qu'il réussit avec ses mots très forts à nous faire passer son sentiment de manque. Il imagine une scène atroce, à la hauteur de sa douleur. Les phrases que j'ai soulignées sont pour moi celles qui ont le plus d'impact.


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