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Publié par Federica

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme une nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme de chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
—Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.



Le sonnet des "Correspondances" est la pièce IV de la première section de
l'oeuvre "Les Fleurs du Mal" intitulée "Spleen et Idéal". Ce poème est essentiel
dans l'oeuvre car on en fait souvent le point de départ du Symbolisme (au sens
étymologique, le symbole est un signe de reconnaissance). Ce sonnet comporte
une des clefs de la poésie baudelairienne : la nature. Elle joue un rôle
d'intermédiaire entre l'humain et le divin. Le poète la déchiffre grâce à sa
sensibilité, alors que l'homme ordinaire perçoit les mystères du monde mais ne
possède pas les instruments du déchiffrement.
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