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Publié par Juliette H.

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Mon Dieu, Votre humble servante vous écrit cette lettre avec toute la piété dont elle est capable. Je suis mourante, et je veux me justifier de mes actes, si impies soient-ils. Je dois d'abord Vous peindre qui j'étais durant ma vie : une femme pieuse, soucieuse de la Vertu, prudente et calme, aimant la tranquilité et les occupations honnêtes. J'ai épousé le Président de Tourvel alors que je n'étais encore qu'une enfant, et j'espère avoir fait tout ce qui me semblait sage pour être une bonne épouse, fidèle, respectueuse. Je désire avant tout le bonheur de mon époux. Cependant, alors que je croyais ma félicité atteinte et inébranlable, un être bouleversa tout, renversant tout sur son passage, détruisit les fondements même de mon existence. Alors que je séjournais chez une amie très chère, je fis la rencontre d'un homme à la réputation bien peu vertueuse, pour ne pas dire sulfureuse : le Vicomte de Valmont. Au commencement, j'étais effrayée de sa réputation de séducteur sans scrupules et je tentais de m'en approcher le moins possible. Mais il m'a parlé, m'a avoué qu'il regrettait sa vie pécheur et qu'il souhaitait s'amender. On m'a déconseillé de le fréquenter, et pourtant mon pauvre esprit était aveuglé. Par la pitié et la compassion pensais-je, mais en réalité c'était par l'amour, un amour éperdu et unique. Je n'osais pas faire  face à la vérité de mes sentiments, et cela même quand lui m'a avoué l'amour qu'il ressentait pour moi. Epouvantée, je n'ai alors fait que fuir, par peur de céder à la tentation d'une passion irrépréssible, et que je savais impossible. Je suis mariée, mon existence était vouée à la Vertu ; et cet homme est si dangereux! Il me poursuivit de ses assiduités sans cesse, sans relâche, avec toujours la même habileté à me toucher, le même discours passionné et qui cherchait à provoquer le même passion chez moi. Mais ce qui devait arriver arriva : je cédai. J'étais alors la femme la plus heureuse du monde, et je pensais mon existence liée à jamais à celle de mon amant. Je ne vivais que pour lui, pour son bonheur, mon existence alors vide et insignifiante, je le réalisai maintenant,était vouée à un seul être. Malheureusement cet homme ne put pas lutter contre sa nature de libertin : il me trahit, puis me quitta en me laissant au désespoir. Mon malheur était d'autant plus grand que mon bonheur avait été complet. J'avais oublié tout principe, pour cet homme qui a piétiné ce qui me restait de fierté et d'honneur. Il ne me reste désormais plus rien à espérer de la vie, et c'est entre deux crises de folie fiévreuse que je vous adresse cette prière, la dernière de ma misérable vie. Je supplie Votre miséricorde, et je m'en remets désormais à vous.

 

Madame de Tourvel

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Uriell 08/04/2013 09:11


Laclos sors de ce corps !!!!! :D ( très jolie texte au passage )

Yuna 03/04/2013 22:03


J'aime beaucoup :)

Audrey 03/04/2013 19:32


Génial ton texte !

Juliette H. 03/04/2013 17:29


Merci beaucoup :)

Jeanne 03/04/2013 17:03


Très joli texte ;) !

Valentin 03/04/2013 16:20


Je n'ai pas de mots pour dire à quel point je toruve génial ce que tu as fait :)