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Publié par Hadrien

Je – il, tu – débarque comme des pantins dans cette chambre façon Six Feet Under. Les quais débordent encore : j’ai trop de sang dans les bras, la tête. Des fourmis dans les doigts, un seul mouvement vers l’avant, plus ou moins brusque. Ton visage en gros plan surexposé, pourrait déjà précipiter ce mouvement. Passé-présent catapulté flash-forward je sais pas quoi, je réponds des « oui mais » à la moindre question. Tu vois de quoi je parle, tu sais comme je le pense, je m’y plie puis retiens. Tu souris trop, trop fort, tes yeux sont trop tes yeux, là vient des rapports, ils tombent comme des quilles, le grain de ta peau varie sous l’éclairage la police se pointe mais coup de filet, genre commissariat, je sais pas, trop interminable. J’ai ma tête sous ta cravate dans ton épaule à voir pare-brise double contre toi, le sang giclé par dessus. Mes yeux fermés, mon monde bascule. Vertiges. Je t’ai dit déjà que j’avais trop de sang, etc. ? J’ai comme un pied à côté, m’accroche à toi pour pas glisser, faire semblant ça ne m’aide pas. Tu me dis je reviens, je te vois quitter la pièce, toute lumière off, des corps désassemblés. Sans être sorti tu reviens de l’arrière: c’est un couteau de cuisine que tu me plantes entre les omoplates et devant l’oeil, la chair découpée méthodique. Quelque part je suffoque, souris. Ils nous interrogent les uns après les autres, deux preuves sont maintenues contre moi au procès. Tu imagines les usagés ? Ils me plaquent, le meurtre arrive. 

 

 

 

Bœuf et tête de veau, 1923, Chaim Soutine

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