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Publié par i-voix

 

"Les parfums, les couleurs et les sons se répondent" 

 

(CHARLES BAUDELAIRE  : Correspondances)

 

 Répondant à l'invitation de Baudelaire, les lycéens d'i-voix ont tenté de représenter, sous forme schématique, les correspondances qui dans notre imaginaire forment l'espace du symbolique.

 

 

 

 

 

 

Schéma symnolique 2010 1

 

 

 

Schéma symnolique 2010 2

 

 

 

 

LE RESEAU DU MATIN


"Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,

Doux comme les hautbois, verts comme les prairies"

(Baudelaire, Correspondances)

 

 

 

http://www.memoclic.com/1-386-600x450/fond-ecran-aube.jpg

 

Source image

 

 

 

 

 

Ineffable lever ...

 

 

 

Ineffable lever du premier rayon d'or,
Du jour éclairant tout sans rien savoir encor !
O matin des matins ! amour ! joie effrénée
De commencer le temps, l'heure, le mois, l'année !
Ouverture du monde ! instant prodigieux !

(...)

 

Jours inouïs ! le bien, le beau, le vrai, le juste
Coulaient dans le torrent, frissonnaient dans l'arbuste ;
L'aquilon louait Dieu de sagesse vêtu ;
L'arbre était bon ; la fleur était une vertu ;
C'est trop peu d'être blanc, le lys était candide ;
Rien n'avait de souillure et rien n'avait de ride ;
Jours purs ! rien ne saignait sous l'ongle et sous la dent ;
La bête heureuse était l'innocence rôdant ;
Le mal n'avait encor rien mis de son mystère
Dans le serpent, dans l'aigle altier, dans la panthère ;
Le précipice ouvert dans l'animal sacré
N'avait pas d'ombre, étant jusqu'au fond éclairé ;
La montagne était jeune et la vague était vierge ;
Le globe, hors des mers dont le flot le submerge,
Sortait beau, magnifique, aimant, fier, triomphant,
Et rien n'était petit quoique tout fût enfant ;
La terre avait, parmi ses hymnes d'innocence,
Un étourdissement de sève et de croissance ;
L'instinct fécond faisait rêver l'instinct vivant ;
Et, répandu partout, sur les eaux, dans le vent,
L'amour épars flottait comme un parfum s'exhale ;
La nature riait, naïve et colossale ;
L'espace vagissait ainsi qu'un nouveau-né.
L'aube était le regard du soleil étonné.

 

VICTOR HUGO - La légende des siècles (1859)


 

 

 

Aube


     J'ai embrassé l'aube d'été.

     Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

     La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

    Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

     Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

     En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

     Au réveil il était midi.

 

ARTHUR RIMBAUD - Illuminations (1886)

 

 

 

 

Green

 

 

   Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.
 

J’arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.
 

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers ;
Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête.
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

 

PAUL VERLAINE -Romances sans paroles (1873)

 

 

 

http://www.linternaute.com/musee/image_musee/540/55347_1243380637/impression--soleil-levant---claude-monet.jpgCLAUDE MONET - Impression, soleil levant (1873)

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


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