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Publié par i-voix

 

"Les parfums, les couleurs et les sons se répondent" 

 

(CHARLES BAUDELAIRE  : Correspondances)

 

 

Répondant à l'invitation de Baudelaire, les lycéens d'i-voix ont tenté de représenter, sous forme schématique, les correspondances qui dans notre imaginaire forment l'espace du symbolique. 

 

 

 

 

Schéma symnolique 2010 1

 

 

 

Schéma symnolique 2010 2

 

 

 

 

LE RESEAU DE MIDI


 

 

 

http://www.astrosurf.com/omega-astro/systeme_solaire/soleil.jpg

Source image

 

 

 

 

 

La vie antérieure

 

 

 

J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

 

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

 

C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,

 

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

 

 

Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal (1857)

 


 

 

 

L'Eternité


     Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.

Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

 

ARTHUR RIMBAUD - Derniers vers

 

 

 

 

 

Le cimetière marin

 

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée !
O recompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux !

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir !
Quand sur l'abime un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.

Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui garde en toi
Tant de sommeil sous un voile de flamme,
O mon silence !... Edifice dans l'ame,
Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit !

 

Temple du temps, qu'un seul soupir résume,
A ce point pur je monte et m'accoutume,
Tout entouré de mon regard marin ;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine seme
Sur l'altitude un dédain souverain.

Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche ou sa forme se meurt,
Je hume ici ma future fumée,
Et le ciel chante à l'ame consumée
Le changement des rives en rumeurs.

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change !
Après tant d'orgueil, après tant d'étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m'abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.

L'ame exposée aux torches du solstice,
Je te soutiens, admirable justice
De la lumière aux armes sans pitié !
Je te rends pure à ta place première :
Regarde-toi !... Mais rendre la lumiere
Suppose d'ombre une morne moitié.

 

(...)

 


 

PAUL VALERY - Charmes (1922)

 

 

http://www.touchofart.eu/galeria/Marta_Radziszewska/The_Sun_in_zenith_mr86-v.jpgMarta Radziszewska - Le soleil au zénith

 

 

 

 

 

 


 


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