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Publié par Corentin M.

 

"Les livres des loix luy sembloient une belle robbe d'or triumphante et precieuse à merveilles, qui feust brodée de merde." Et oui, c'est bien de Pantagruel dont nous parlons !

Par une belle soirée d'octobre, la classe de Première L du Lycée de l'Iroise se rendit au Théâtre du Quartz, à Brest, afin d'y faire la connaissance d'un doux géant : Pantagruel. Ce nom vous dit peut-être quelque chose. Géant grossier et gourmand, ce gros personnage romanesque a été inventé par Rabelais en 1531-1532 environ. S'engouffrant dans le théâtre, la classe a pû découvrir ce que ce personnage au grand coeur avit dans le ventre. Au sens propre du terme !

François Rabelais. Ce grand écrivain de la deuxième moitié du quinzième siècle a toujours énormément suppris et agacé à la fois. En effet, par sa vocation de tout montrer de l'anatomie humaine, de l'intérieur des hommes, de leur vie, ce grand écrivain a toujours su divertir son public, ô que nombreux, malgré les critiques. Lire du Rabelais c'est à la fois lire une oeuvre marquée par son temps qui cristallise la vie d'un géant aux sales manières, mais c'est également lire un récit intemporel qui continue de divertir son public. La pièce de théâtre qu'ont été voir les élèves de Première L a été écrite par Benjamin Lazar, grâce aux précieuses informations de Mathilde Hennegrave. Il est vrai que sans un travail de recherche considérable et sans la constitution d'un dossier historique rabelaisien sur l'oeuvre en question, jamais la pièce n'aurait pû être joué un jour devant les yeux émerveillés ou totalement endormis d'adolescents de tous horizons ! Cette pièce est à la fois très complexe en mon sens et très recherchée. Sur le thème évoqué il y a 500 ans par Rabelais, à savoir "Qu'y a-t'il a l'intérieur de l'Homme ?", Benjamin Lazar a su faire partager avec son public non seulement la vision humaniste gore de son époque, issue du théâtre d'anatomie, mais également la beauté et la grandeur d'un homme qui préfère l'être au paraître. Si Pantagruel passe auprès du plus grand nombre pour un géant repoussant, dégoûtant, répugnant et peu ragoûtant, il est avant tout un personnage vrai, sincère et honnête. L'humanisme s'opposant d'une certaine manière à l'existentialisme, on peut considérer que Rabelais (dont les termes sont repris à l'identique dans cette pièce par Benjamin Lazar) évoque tous les sujet sans tabou mais ne fait pas pour autant preuve de psychologie. S'il est vrai que nous avons des informations sur sa vie et sur l'intérieur de son estomac, nous connaissons très peu Pantagruel et son profil psychologique. Comme quoi, à un auteur méconnu un personnage méconnu ! C'est pour moi la vision des humanistes qui est traduite dans ce texte : montrer la foi en l'Homme sans pour autant en dire trop sur sa psychologie. Cependant les ballons que l'on voit apparaître à la fin sont rééllement le symbole d'une vie enfouie profondément au fond de Pantagruel, le symbole de la vie dans la vie. Ce sont des êtres mystérieux dont on peut dire qu'ils représentent les pigeons que Pantagruel avale, mais à vrai dire on peut également considérer qu'ils sont la métaphore de la sensibilité de Pantagruel, dont on fait très peu part dans cette pièce. En vérité, cette pièce de théâtre étant une pièce comique, l'attitude de Pantagruel est souvent risible et humoristique mais le fait que le côté sensible du géant soit abordé sous la forme de la métaphore des ballons montre bien que derrière le paraître se cache l'être.

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