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Publié par Balard

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Ce jour là, comme tous les jours un enfant est né. Ses parents ont longtemps hésité sur le choix du prénom, Théo, Léo, Ninog. La sage femme présente en cette fin de soirée orageuse, dévisagea la jeune mère quand celle ci proposa "Ninog", ce prénom fut donc tout de suite écarté. Le prénom choisi ne fut même pas l'un d'entre eux. Ce fut un prénom court, comme se l'étaient toujours dit les jeunes parents ;  il est plus facile de retenir un prénom de ce genre.

Le petit être dont nous parlons est né trois semaines avant le terme de la grossesse, c'est peu, mais depuis ce jour il  ne cesse de se dire pour s'amuser que c'est sans doute pour cela qu'il est un peu fou. Ce petit bout, qui a 1 an trottinait, certes doucement, une casquette rouge sur la tête, et les genoux roses d'éosine.

 

Malgré les photos il n'arrive pas vraiment à croire que c'était lui.

 Eh bien, il a seize ans aujourd'hui. 

 Il fait beau, c'est presque la rentrée. C'est bien la seule chose qui puisse me désoler en cet instant. Les études n'ont jamais été une passion pour moi, même si je me rends presque de bon coeur au lycée tous les matins. Pour le moment, j'oublie, le temps d'un instant. Je suis dans un parc avec mon meilleur ami, assis sous un arbre pour ne pas avoir trop chaud. L'été Breton a beau être mauvais depuis quelques années, il y a certains jours ou toute la chaleur refoulée pendant l'année semble faire surface d'un seul coup. Ou peut être aussi que la chaleur nous atteint plus vite ici. Nous prenons l'apéro tranquillement. J'écoute les paroles de mon ami, qui se mélangent peu à peu à la musique et aux bruits des skates bondissants et virevoltants sur les rampes. 

 

 Un cri.

 Un cri de mon ami, je pense, qui rit et essaye de me taquiner.Tout s'agite d'un coup. Si mes souvenirs n'ont pas été déformés c'est bien cela, j'essaye de camoufler l'autre. Malgré mes efforts mon cri est en retard sur le sien, il continue de tout dévoiler.

Je ne me rappelle plus les termes exacts utilisés, mon nom, celui d'une autre personne et un secret, dévoilé au grand public. La personne concernée, a cinquante mètres de nous, se retourne. Le hurlement lui était destiné, c'est lui le deuxième protagoniste du secret. Je me cache tant bien que mal derrière mon sac. Acte sans doute idiot, mais qui me parait plus qu'utile sur le moment. La honte et la panique me montent a la gorge. J'ai l'impression de vivre les derniers instants de ma vie. Ce n'est qu'une impression. Mon ami s'excuse. J'arrache des brins d'herbe, les découpe en morceaux. C'est une habitude, une sorte de remède contre l'angoisse. je me persuade tant bien que mal, que j'ai rêvé, qu'il n'a rien entendu, ce qui au final est sans doute la vérité, mais en cette minute je ne peux me resoudre a y croire.  De l'eau roule presque sur le bord de mes yeux. 

 Peut être avons nous abusé sur l'apéro.


 


 


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