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Publié par i-voix

Association - Voltaire / Rousseau par Jean-François Prévand
 
VOLTAIRE - ROUSSEAU

 

UNE PIECE DE THEATRE DE JEAN- FRANCOIS PREVAND

 

 

En 1995, le dramaturge Jean-François Prévand écrit une pièce de théâtre
 où il met en scène les deux grands philosophes des Lumières
qui s'opposèrent sur de nombreux points,
notamment le regard que chacun portait sur l'état de nature et la civilisation.
Voici le début de cette pièce que Jean-François Prévand
décrit comme une "belle scène de ménage" entre Volaire et Rousseau...

 

(Octobre 1765 - Voltaire est assis dans son cabinet de travail dans son château de Ferney . Il nous tourne le dos et fait face à une croisée qui laisse voir la campagne genevoise en automne. Sa main, qui tient la plume, est comme suspendue dans l'attente d'un trait nouveau à décocher qui ne vient pas )


UNE VOIX
 : Monsieur, Monsieur de Voltaire... Un Monsieur Jean Jacques Roubeau... Bourreau... Rousseau... est à la grille du parc. Il demande à être reçu.
Il remonte l'allée, il arrive !

( Voltaire saute en l'air comme mû par un ressort. Il reste un court temps interdit, puis avec une soudaine gestuelle de commedia dell’arte)

VOLTAIRE : Mais faîtes-le entrer ! Qu'il entre ! ...

( Voltaire enlève vite son célèbre bonnet de travail, il ramasse sa perruque qu'il avait posée sur le buste de Houdon qui trône sur son secrétaire et se précipite vers un miroir pour arranger sa perruque. Il s'assied face à la porte pour accueillir son visiteur avec le plus de dignité possible. Un court temps. Personne ne vient. Encore une fois il va au miroir pour se donner bonne figure. Dans le miroir il aperçoit Rousseau qui est entré et qui s'est immobilisé dans le cadre de la porte. Jean Jacques est habillé en Arménien. Il tient à la main un bouquet de fleurs des champs. Ses doigts sont crispés sur le bouquet. Toute son attitude est rigide. Les deux hommes s'observent. Voltaire ouvre grand les bras sans bouger d'un pouce vers Rousseau)

VOLTAIRE : Ce cher ange... !

( fin de la conversation . Rousseau fait un bref salut presque militaire )

ROUSSEAU : Monsieur... !

( Nouvelle attente. On se regarde. Rousseau tend brusquement le bouquet. Voltaire s'avance, souriant, et le prend. On sent qu'il hésite à embrasser Jean-Jacques, mais après réflexion il n'en fait rien. Et reste un peu stupide avec ses fleurs des champs qu'il prend le temps de trouver un peu vulgaires...)

VOLTAIRE (grommelant de manière inintelligible) : Je vous remercie hmmm... beaucoup... très jolies fleurs...

( Voltaire après avoir reniflé les fleurs des champs qui n'ont aucune odeur, cherche un vase où les placer; il n'y a qu'un seul vase où trône déjà un magnifique bouquet; Voltaire à contre cœur met les fleurs des champs dans le vase à la place du bouquet et va poser celui-ci sur un petit guéridon près de son buste sculpté par Houdon)

VOLTAIRE : Jolies fleurs... Asseyez-vous !

ROUSSEAU : C'est à moi, Monsieur, de vous remercier à tous égards... En vous offrant le fruit de mes tristes promenades, je ne prétends pas vous faire un présent digne de vous mais vous rendre l'hommage que nous vous devons tous comme à notre chef ! ...

VOLTAIRE (l'invitant à s'asseoir sur une chaise) : Asseyez-vous ! ...

 

(Source image)

Jean-Paul Farré et Jean-Luc Moreau interprétant Voltaire-Rousseau au Théâtre de Poche Montparnasse

Jean-Paul Farré et Jean-Luc Moreau interprétant Voltaire-Rousseau au Théâtre de Poche Montparnasse

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