Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Méghane

 

Flottilles

 

Page 40 :


<< grands et forts, armés d'un bec robuste, pourvus de longues ailes et de pieds entièrement et largement palmés, ils ont tous les attributs nécessaires à l'exercice de leurs facultés, soit dans l'air ou dans l'eau. Ils ont donc tout ce qu'il faut pour agir et pour vivre, et cependant ils semblent ignorer ce qu'il faut faire ou ne pas faire pour éviter de mourir (...) >>

 

J'ai décidé d'associer à ce poème, un poème que nous avons vu en classe. Dès ma première lecture, le poème de Anne Julien, m'a tout de suite fait penser au poème de Ponge "L'huître".

 

L'huître

 

      L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.
      A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
      Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner. 
 Francis Ponge - Le parti pris des choses (1942)

En effet, dans ces deux poèmes , j'ai retrouvé un vocabulaire recherché et précis. On peut tout à fait imaginer dans ces deux poèmes ce que le poète décrit, je trouve cela vraiment fabuleux. Tous deux, utilisent le même temps, le présent de vérité générale.  Anne Julien, ici comme Ponge, témoigne d'une virtuosité d'écriture qui en fait un véritable poème. A mon gout, dans les deux poèmes , il y a toutes les ressources de langages pour parvenir à la transparence entre les mots et les choses. 


Commenter cet article

anne jullien 04/01/2013 19:08


je te remercie mais le passga si précis que tu cites est de Buffon, pas de moi ; je m'en sers dans le poème mais je ne crois pas écrire de manière si précise...