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Publié par Jules

 

LORENZO POEMES

 

     Durant un voyage à La Réunion, alors qu'il avait 20 ans,  Baudelaire  voit des marins participer à la traditionnelle "Péche à l'albatros". Cet événement lui inspirera ce poème. Il décide ici (contrairement aux romantiques qui se comparaient à un aigle) de symboliser le poète sous la forme d'un albatros. 

 

L'albatros

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait

 

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.



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    Lorenzo, révolutionnaire peu connu pour ses talents de poète a un jour écouté des récits de voyages évoquant l'apparition d'un albatros. Il s'imagina alors dans la peau de ce gigantesque oiseau. Les spécialistes pensent qu'il a écrit ce poème un peu avant la scéne 1 de l'acte I. Beaucoup plus tard, Baudelaire va retrouver le poème et le plagier honteusement !

 

  L'albatros de Toscagne

 

 

Moi, Lorenzo, je veux m'évader de Florence,

Fuir comme un albatros, mais avant le tuer.

Si vaste oiseau de mer ! Ma vie a l'odeur rance

 Et, glissant dans le gouffre amer, je suis hué

 

 

Dans la ville du vice où le roi de l'azur

Est un batard : Alexandre de Médicis !

Je le tuerai, je redeviendrai l'être pur,

Et je m'envolerai, loin des morts, et du vice.

 

 

Moi,  vengeur ailé, comme je suis gauche et veule.

 Naguère si beau, je deviens laid. Mais un jour,

Je lui clouerai le bec, lui brûlerai la gueule,

A ce duc ! Il faut d'abord lui faire la cour.

 

 

Moi, Lorenzo, semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l'archer,

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Mes ailes de géant m'empêchent de marcher.

 

 

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Photo i-voix


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