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Publié par Marine

Les petites lumières jaunes

Là, dans cette gare au sol glacé, ils ont piétiné sans
comprendre.
Là, ils ont attendu sans poser de questions.
Ils se parlaient tout bas, entre eux, sans rien apprendre.
Le temps des petites lumières jaunes.

Ils ont reçu des coups de matraques sans broncher.
Ils ont courbé la tête sous les aboiements et le injures
sans répliquer.
Ils ne savaient où poser leur regard comme soudain
dévêtus,
Avec seulement leurs petites lumières jaunes.

Ils se mis en marche sans se retourner.
Personne n'était venu leur dire adieu.
Pas un ne tenta de s'échapper du troupeau,
Jadis ancien troupeau qui traversait la mer à pied sec.

L'une d'entre ce troupeau, toute jeune, si jeune,
Qui portait entre ses bras un paquet mal ficelé
Au détour du quai
Lança le paquet mal ficelé vers une femme immobile
Qui, tremblante, se tenait là et regardais sans
comprendre
La cohorte des petites lumières jaunes.

Le paquet c'était moi.
Ils sont tous partis. Ceux qui furent les miens. Tous les
autres.
Et les miens dont je ne sais rien.
De ce pays hospitalier leur dernière image
fut cette gare au sol glacé.

Ils sont montés dans les wagons.
Le train a lancé son nuage de fumée chaude.
Emportant au loin ceux qui ne seraint bientôt
que fumée chaude.
C'était le temps des petites lumières jaunes.



***
Denise Bonal,
extrait de la pièce
Les Pas Perdus.
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tony87000 28/01/2009 20:29

quelques lignes qui donnent froid ...amitiéstony