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Publié par Claire

T'as l'air perdu

Dis, t'as l'air perdu comme un violon

Dans un étui de contrebasse
Tiens, comme une abeille sur un grêlon
Un joker et un carré d'as
Dans les poches d'un vieux pantalon
T'as l'air perdu comme un violon

Hey, t'as l'air perdu comme un bouquet
Noyé au fond de la Garonne
Comme un trèfle à quatre feuilles séché
Dans un annuaire de téléphone
Comme une valise sur un quai
T'as l'air perdu comme un bouquet

T'as l'air paumé comme un vieux cheval
Qui court sur les tuiles de la ville
Comme un masque blanc de carnaval
Sur la tronche d'une guerre civile
Comme un dormeur au fond du val
T'as l'air perdu comme un cheval

Dis, t'es paumé comme un confetti
Dans une allée du Père Lachaise
Un papillon sur un crucifix
Une étoile de mer dans la braise
Comme un remords dans un whisky
T'es perdu comme un confetti


Ce que j'aime beaucoup dans ce poème, ce sont les petits mots ( " dis ", tiens ", " hey " ) qu'Allain Leprest emploie pour s'adresser à celui qui semble perdu. Ils rendent le poème plus humain, plus familier et même plus vivant.
Mais aussi les exemples inventés pour comparer la personne perdue. Des exemples qui ne sont pas communs et joliement imaginés :
il semble être perdu comme une valise qui ne pourrait plus voyager, comme une colombe au milieu des tranchées, comme un papillon qui ne pourrait plus voler, comme un étoile de mer asséchée.


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