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Publié par i-voix

Au 18ème siècle, les fables de La Fontaine se répandent

et il connaît de nombreux imitateurs.

 

Par exemple, FLORIAN, ami de VOLTAIRE, écrit :

 

-      des fables politiques véhiculant à l’usage du peuple les idées des philosophes sur la justice, le bonheur, la nature…

-      des fables morales visant à enseigner aux enfants l’amour du travail, la charité, la sagesse…

 

 

"La fable et la vérité", par FLORIAN


La vérité, toute nue
sortit un jour de son puits.
Ses attraits par le temps étoient un peu détruits ;
jeune et vieux fuyoient à sa vue.
La pauvre vérité restoit là morfondue,
sans trouver un asyle où pouvoir habiter.
à ses yeux vient se présenter
la fable, richement vêtue,
portant plumes et diamants,
la plupart faux, mais très brillants.
Eh ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle :
que faites-vous ici seule sur un chemin ?
La vérité répond : vous le voyez, je gele ;
aux passants je demande en vain
de me donner une retraite,
je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,
vieille femme n' obtient plus rien.
Vous êtes pourtant ma cadette,
dit la fable, et, sans vanité,
par-tout je suis fort bien reçue :
mais aussi, dame vérité,
pourquoi vous montrer toute nue ?
Cela n' est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ;
qu' un même intérêt nous rassemble :
venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
je ne serai point rebutée ;
à cause de moi, chez les fous
vous ne serez point maltraitée :
servant, par ce moyen, chacun selon son goût,
grace à votre raison, et grace à ma folie,
vous verrez, ma soeur, que par-tout
nous passerons de compagnie.

 

 


 

Par exemple encore, en Allemagne, l'écrivain philosophe LESSING  utilise aussi la fable dans un but didactique...

 

 

 

"Le Corbeau et le Renard" par LESSING

 

 

Un corbeau emportait dans ses serres un morceau de viande empoisonnée qu'un jardinier irrité avait jeté au chat de son voisin. Comme il s'apprêtait à le dévorer sur un vieux chêne, un renard se glissa jusqu'à l'arbre et lui cria : «  Béni sois-tu, oiseau de Jupiter ! - Pour qui me prends-tu ? demanda le corbeau. - Pour qui je te prends ? N'es-tu pas l'aigle au vol foudroyant qui, chaque jour, descend de la droite de Jupiter sur ce chêne pour me nourrir, moi chétif ? Pourquoi te déguiser ? Ne vois-je pas dans tes serres victorieuses le don que j'implore de ton dieu et qu'il ne cesse de m'adresser par toi ? » D'abord étonné, le corbeau se réjouit en lui-même d'être pris pour un aigle. « II ne faut pas, se dit-il, détromper le renard. » Dans sa généreuse sottise, il laissa donc tomber sa proie et s'envola fièrement. Le renard saute dessus en riant et la dévore avec une joie méchante, mais bientôt sa joie se change en un sentiment de douleur : le poison commence à agir, et il crève.

« Puissiez-vous ne jamais obtenir autre chose, par vos mensonges, que du poison, flatteurs maudits !»

 

Lessing, 1755

 

 

 

 

 

(A SUIVRE)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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