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Publié par Claire

La vitre

E
st-ce toi qui vient appuyer ton visage à la vitre de mes rêves ? Je ne t'ai pas perdue et pourtant je te cherche dans les ruelles obscures où mes pas d'enfant luisent comme un collier, et près de cette église en ruines que je n'ai rencontrée nulle part de ce côté-ci de la vie et qu'il nous faut visiter sur la pointe des pieds.
Je sais qu'elle est si évidente, cette clarté de notre amour, que nous n'osons la regarder en face. Pourtant, tu es là Je le sens à ce cri qui me déchire ainsi que celui d'une morte. Tu es là. C'est pour toi que je retiens une place dans un interminable train, près des voyageurs que baigne l'étrange lueur du sommeil. C'est pour toi que le train s'en va, nous emportant, me laissant seul sur une passerelle, au milieu d'une ville étagée dans la nuit.
Toute ma vie, je t'aurai tenue à mon côté, immobile et absente, te parlant en silence, je t'aurai contemplée sans te voir. Toute ma vie. Mais c'est toi, c'est bien toi qui t'approches de la vitre de mes rêves. J'aperçois ton visage en te tournant le dos, et j'envoie pour nous dans les flammes ces mots que tu n'entendras pas, ces paroles que tu me souffles
.


Louis Guillaume


C
e que j'ai beaucoup aimé dans ce poème, c'est la première phrase, la toute première question. Elle est si jolie : une personne, une femme, apparaissant dans ces rêves, à la porte de son imagination nocturne, à la vitre de ses rêves. Pour moi, ce poème reste un mystère, comme beaucoup d'autres, est - ce l'histoire d'un rêve ? L'histoire d'une femme imaginée ? Partie ? Ou attendue ? J'interprète le texte de Louis Guillaume de toutes ces façons, comme si ce poème cachait plusieurs histoires.


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Claire 05/01/2009 19:39

Faute corrigée.

MLB 05/01/2009 19:14

Très belle découverte, justifiée avec beaucoup de sensibilité.

Comme un écho à :
http://poesie.webnet.fr/poemes/France/verlaine/4.html

A corriger :
cachE