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Publié par Laura - Morgane - MLB

Le jeudi 11 décembre 2008,

les Premières L de l'Iroise ont rencontré le poète RENAUD EGO

à la médiathèque de Saint-Marc à Brest...






Morceaux d'échange :




  • QUESTION D'ADRIANA : Est-ce que pour vous on naît poète ou on le devient ?


On peut le devenir : je crois en la liberté. Je ne pense pas qu'on naisse poète. A part des cas particuliers peut-être comme Rimbaud, des gens qui ont une grande maturité dès l'adolescence. On peut le choisir ... 



  • QUESTION DE LOGAN : Quel est le plus dur dans la vie de poète ? quel est le plus beau dans la vie de poète?


Le plus dur c'est d'avoir votre poème sur la table qui vous dit : " tu vas t'en prendre plein la figure". Là , ça va être dur. Ce n'est pas la vie de poète elle-même qui est difficile : parfois c'est difficile, mais il y a toujours des solutions. C'est difficile si on attend de la poésie autre chose qu'elle-même, la célébrité par exemple.


Le plus beau et le plus intéressant c'est quand on sait qu'il y a quelque chose de nouveau, qu'on n'en a pas le langage mais qu'on en a le goût. L'appétit de choses nouvelles, voilà le moment savoureux... D'ailleurs, chaque livre nous rend différent.


  • QUESTION DE DENIS : Dans quelles conditions écrivez-vous ?


Dans toutes les conditions. Je me mets à un bureau, souvent, ou j'écris dans les trains, les cafés. J'ai toujours un carnet sur moi. Quand je n'y arrive pas je voyage, je fais de photos, je prend des notes sur tout : la vie. Un vers qui n'a aucune circonstance, je ne sais pas trop ce que c'est.


  • QUESTION DE MORGANE : Est-ce que vos voyages influencent votre écriture ?


J'aime beaucoup voyager, mais je n'écris jamais directement sur le voyage. Ce sont des sensations qui reviennent. Par exemple je n'ai rien écrit sur Brest mais ça s'imprime dans ma tête : la pluie, la lumière magnifique hier vers 17 heures... je m'imprime de ça comme le papier s'imprime. Le voyage n'est pas un thème . Si je faisais un poème sur le voyage, je le ferais sans voyager. Le poète Mathieu Messagier a ainsi écrit un livre intitulé Le dernier des immobiles : atteint d'une maladie neuro-musculaire et incapable de se déplacer, il a demandé à ses amis de lui envoyer du papier à en-tête d'hôtels du monde entier, et il s'est mis à écrire des poèmes sur Mexico, Moscou, Paris..., il s'est mis à voyager dans son fauteuil roulant ! Je trouve qu'on voyage plus dans les poèmes que dans les avions.



Source-image


  • QUESTION DE DANIELA, RICCARDO et ALICE : Dans le poème, "Le monde au lieu de le poser" (p. 39), il y a allusion à la couleur blanche : pourquoi ce choix ?


C'est un petit poème qui évoque un monsieur qui s'appelle SENGAI, représentant du bouddhisme zen, poète, peintre, qui a vécu au 18ème siècle. C'est un peintre extraordinaire qui un jour a créé un tableau fascinant : un carré, un triangle, un cercle, ce qui constitue une ouverture de pensée absolument incroyable. Le blanc, c'est la couleur du papier...





Sengai : Universe


  • QUESTION DE DANIELA, RICCARDO et ALICE : Dans le poème, "Le monde au lieu de le poser" (p. 39), vous avez écrit "mais la question n'est pas prête encore à se dépenser de sa pensée" : que voulez-vous dire ?

Je voyais SENGAI avec son pinceau ou moi avec mon crayon et c'est comme un "c'est pas encore là". La pensée serait comme une goutte d'encre qui grossit, mais qui n'est pas encore là... Je pense au film Le Mystère Picasso qui montre bien ainsi les différents stades du tableau en train de se faire.




























Le navet et le bonze Zen

sont de bonne qualité

lorsqu'ils sont bien assis




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