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Publié par Avril


Benito à Joaõ

À Salvador Do Bahia

        Je me rappelle t'avoir parlé du dynamisme très modéré des habitants de Cannes dans la dernière lettre que je t'ai adressée. Je ne saurais te décrire le contraste tellement important entre là bas et la ville de Paris, où je me trouve en ce moment. Dès l'heure où j'ai débarqué de l'avion j'ai su que ce serait différent. Tout le monde est pressé, tout le monde court partout, tout le monde se pousse et ne pense qu'à lui. Tout le monde, oui, et mon Dieu le monde qu'il y a ! Peut être penseras tu que je ne suis jamais satisfait et que je vois le mal partout, mais je ne saurais te dire quelle allure je préfère. Quand je rentre à l'hôtel le soir, encore un hôtel qui fait pâle figure comparé à ceux installés en centre ville qui videraient mon porte-monnaie même si jamais il me prenait l'envie de me payer le grand luxe d'utiliser leurs toilettes, j'ai à peine le temps de dîner avant de m'effondrer sur mon lit. Je suis à Paris depuis maintenant 3 semaines, et tu comprendras sûrement pourquoi je n'ai pas pu prendre le temps de t'écrire plus tôt. C'est une ville curieuse, je trouve. Oh c'est une jolie ville, je ne le nierai pas, mais malgré toutes les différentes cultures qui l'habitent, les gens ne font vraiment pas attention les uns aux autres. Un tel peut très bien passer ses jours, ses nuits, sa vie sur un morceau de carton au coin d'une rue, et un autre peut très bien passer devant celui ci sans lui adresser un seul regard, bien qu'il l'aperçoive tous les jours car il habite la magnifique maison en face. Moi les gens me regardent souvent. Il faut dire que je ne fais pas beaucoup d'efforts pour adopter un mode vestimentaire qui apparaîtrait comme normal, ou plutôt devrais-je dire parisien, à leurs yeux. Je n'en ai ni les moyens ni l'envie, et de toutes façons le temps que je gagne ces premiers, je serais de nouveau démodé un mois plus tard. Et je ne pourrais plus rentrer, je ne pense pas que je vais m'éterniser longtemps ici, les français me fatiguent.

        Je crois d'ailleurs qu'ici non plus les français ne se trouvent pas trop bêtes. Combien, quand je leur dévoile mes origines, ne me répondent pas avec un horrible accent et une syntaxe des plus bancales qu'ils sont plutôt bons à parler notre langue et ensuite me font part de leur admiration envers notre équipe de football ?

        Toi qui voulais voir la Tour Eiffel, tu vas être jaloux. Je l'ai visitée il y a quelques jours. Tu n'as pas raté grand chose, j'imaginais ça plus joli. Il y fait un froid de canard tout en haut. Le soleil nous rend visite de temps en temps, mais j'ai presque l'impression que le bon et chaud soleil du Brésil et celui de la France ne sont pas du tout les mêmes.

        J'ai encore quelques choses à voir ici, je te les raconterai dans d'autres lettres. Je fais un tour au parc tous les matins, une personne m'a dit que j'avais une chance de voir leur Président de la République faire son jogging. Je ne sais pas si elle se moquait de moi ou non. Je ne sais même pas à quoi il ressemble, j'ai juste cru l'apercevoir sur le poste de télévision de l'hôtel.

 

De Paris, le 13 juillet 2008.




OLIVIER DE SAGAZAN


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