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Publié par Claire


Samael à Lia.

 

A Kasserine.

 

         Je suis à Nice depuis deux semaines. Il y fait beau, chaud et l’air est lourd.

         Dans les rues, je croise constamment un nombre incalculable de femmes aux chevilles découvertes, parées de mille et une paillettes : accrochées sur leur nombril, suspendues à leurs oreilles, pincées sur leur narine et même sur leur langue, ce qui est très pratique pour se sustenter. Leur chevelure vient cacher leurs paupières recouvertes de charbon rose, par une longue mèche leur permettant sûrement de se protéger du soleil agressant leurs iris. Peut-être devrais-je leur conseiller de s’acheter un chapeau de paille. Mais après tout, qu’est ce qu’un chapeau de paille pour elles ? Un déguisement tissé avec une matière primitive ? Ce qu’il leur faudrait serait de préférence un tissu le plus chatoyant et cher possible : une personne aisée se doit de montrer ses richesses aux yeux de tous ; et surtout aux yeux des plus défavorisés, qui ne peuvent, eux, se coiffer que d’un chapeau de paille. Il m’arrive souvent de penser que je suis paré d’un essuie-pieds, lorsque ces messieurs dames vêtus de fil d’or, me regardent d’un air méprisant.

         Quand je me promène à travers cette ville, je m’imagine être un serviteur au milieu de la cour où règnent nobles, princes et princesses, qui sont ici pour que je les admire : ils sont si beaux, si riches, si prétentieux et si avares, telles de belles bêtes bien toilettées.

         Mais après tout, ne faut il pas de tout pour faire un monde ? Sinon, je pense que je m’ennuierai bien trop vite.

         A Nice, les paysages sont comme ses habitants, identiques les un aux autres. A croire qu’ici, différence et originalité sont des mots inexistants. Ce que je découvre c’est une mer, non remplie de poissons, mais agitée de bateaux à moteurs plus bruyants encore qu’une multitude de niçois recouvrant les plages artificielles. Et lorsque je suis en ville, je vois des mètres et des kilomètres où s’étendent des immeubles, des maisons et des hôtels tous semblables ; parfois, j’aperçois un peu de nature poussant sous le béton.

         Demain matin, je m’envole vers le Nord. J’irai visiter Paris sous les crachats des nuages, je continuerai de t’écrire.

 

De Nice, le 23 Janvier 2008.





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