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Publié par Marion

       


Hussein à Tarik
                                     

                                      A Spin Buldak

 

         Père,

 

Muhammad et moi sommes bien arrivés à destination, nous avons emprunté l'avion dont tu nous avais tant parlé, le voyage fut long et nous avons été bien secoués, le chef de l'avion appelait çà des "turbulences", mais quelle joie ce fut pour nous de nous sentir voler, voler encore ... et finalement nous poser tels les bruants qui survolent si souvent Spin Buldak... tu ne peux imaginer, Père, c’était inouï.

Nous sommes arrivés à Paris vers midi, dans un énorme hangar où circulaient de drôles de gens étrangement habillés, il ne semble pas exister de tenues traditionnelles ici. Nous avons été arrêtés par la milice locale, qui nous a fait nous déshabiller dans une pièce un peu à l'écart, ils parlaient de bombes : visiblement la guerre fait rage ici aussi. Ils ont ensuite parlé à Saïd notre frère de la fondation, qui leur a montré de petits papiers, les miliciens ont hoché la tête puis nous ont laissé partir, grâce à Dieu.

Saïd nous a emmenés dans sa belle voiture qui brille de mille feux, aucune trace de poussière sur celle-ci. Nulle part on ne trouve de sable ou d'animaux, dans la ville non plus d'ailleurs, les routes sont goudronnées et les voitures s’y suivent, ordonnées.

         La guerre semble faire rage plus loin car nous n'avons pas entendu de tirs, ni d'explosions.

Il règne ici un brouhaha assourdissant, l’air est impur, les voitures klaxonnent, les bus bondés de gens mornes se suivent et surtout se ressemblent tous, les taxis aussi. Les gens semblent pressés en permanence, ils marchent rapidement en regardant leurs souliers brillants, alors que tant de bâtiments merveilleusement gigantesques nous obligent Muhammad et moi à lever sans arrêts les yeux.

Oh Père il y a tant de choses différentes dans ce monde-ci que je ne pourrais tout te dire, c'est tout simplement faramineux.

         Avant de te quitter, je voulais te rassurer, la fondation pour les étudiants musulmans nous accueille à bras ouverts, et nous a déjà trouvé une salle dans un de ces immenses appartements, nous commencerons nos études bientôt, et ce grâce à toi, et grâce à la madrasa, remercie-les s'il te plaît encore une fois, nous n'oublierons pas ce qu'on nous a demandé, rassure-toi.

 

Ton fils Hussein

 

                            De Paris, le 12 Mai 2008


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M
Héhé,j'aime beaucoup ton texte Marion!
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V
Bonjour<br /> Plaisir de lire cette correspondance illustrée.<br /> Véronique
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