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Publié par Morgane


Soren à Arman

A Borazjan .

                    Nous sommes à présent à Paris, cette superbe rivale de la ville du soleil, le siège de l’empire d’Europe. Je dois dire que nous n’avons pas été agréablement surpris, malgré tous les éloges que nous avions entendus auparavant. Te rappelles-tu, mon cher Arman ? La capitale mondiale de la mode à laquelle nous ne voulions croire, cela est donc vrai. Tu ne le croiras pas, peut-être : des milliers d’habitants obnubilés par leur propre personne, un véritable caprice chez les français, n’étant plus libres de porter vêtements à leurs goûts, devant suivre le même chemin pour plaire à autrui. Malgré cela, les hommes mêmes n'ont pas à Borazjan la gaieté qu'ont les Français : on ne leur voit point cette liberté d'esprit et cet esprit joyeux qu’on trouve dans cette capitale économique. C'est une grande question, parmi les hommes, de savoir ce qu’est la liberté, et quelles sont ses limites ; il me semble qu'il n’y à point  de réponse unique à cette question. Je fis la rencontre d’un homme dans le jardin des Tuileries, il me définit, ce qu’était pour lui  la liberté et il me répondit : « On ne saurait priver une jeune personne des libertés de l'enfance. Ecrire liberté sur le bord d’une plage, c’est déjà avoir la liberté de l’écrire. Même si la mer efface ce mot : la liberté demeure ». Cette phrase est encrée dans ma mémoire, et ne peut l’effacer. Mais sais-tu, Arman, ce qu’est la liberté, toi, tu dois savoir !? La liberté est la faculté d'agir selon sa volonté sans être entravé par le pouvoir d'autrui, ceci est la vraie définition. Tu sais, Cha-Soliman eut dit, le 10 août  2007 : « Il ne peut y avoir de liberté dans ce monde, ici, en Iran, il n’y en a jamais eu, il n’y en a pas et il n’y en aura jamais ! J’espère que cette phrase ne sera jamais oubliée ! ». Nous sommes nés dans un royaume florissant; mais nous n'avons jamais vraiment connu la liberté avec toutes ces règles abominables. A Paris, règne la liberté, malgré certaines contraintes telles que la mode, leur liberté me console. La liberté, il faut la prendre, et non l’attendre. Un arc-en-ciel noir s’élevait au dessus de ma tête lorsque je pensais à notre vie… Nous eûmes bien des valeurs respectables que personne n’eût contredites, toutefois des contrées lointaines, elles savent ce qu’est la liberté. Je ne me serais jamais imaginé aussi troublé, avec une ville d’Europe que je ne connaissais point. J'ai ouï dire que la seule invention des bombes avait ôté la liberté à tous les peuples de l'Europe. Mais jamais je ne vis de violence, peut-être fût-ce de la chance... La liberté d’expression, d’opinion, économique, de presse, de syndicat… Ah ! Ah ! Cela me fit bien rire. Un rire faux comme un cri de désespoir. Il y a trois mois, je ne connaissais la définition de ces mots, je ne pus imaginer ce que je vois à ce jour. Malgré l’agitation des parisiens, leur brutalité ainsi que leur rapidité,  je leur découvre des qualités que je n’eus connues jusqu’à ce jour. Un parisien me fit même une remarque lorsque je lui parlai de ma réflexion : « Comment avez-vous perdu la douce liberté dont jouissaient vos ancêtres ? » Cette question m’obséda pendant des jours entiers, mais peut-être que toi, Arman, tu m’aideras à y répondre et à éclairer mes nuits solitaires. Meydan-e-shah me fait beaucoup penser à Versailles, te rappelles-tu ? Je t’en eus parlé avant de quitter mon pays natal. Ce monument m’aura permis de me recueillir durant des heures, et rappela mes esprits. Ce sont des beautés qui me sont chères. La Tour-Eiffel, depuis le temps que nous parlions de ce symbole propre à Paris… Ma sincérité me fera sans doute des ennemis, lorsque l’envie me prendra de revenir. Voilà, Arman, le véritable motif de mon voyage. Laisser parler Paris et voir moi-même ce dont est capable cette magnifique ville, et je ne suis pas déçu. Que je suis heureux ! La liberté, une valeur fondamentale que rien au monde ne peut remplacer. Je pense tout le temps à vous, restés en terre natale, et je jure sur Dieu, que si, un jour, vous vous éloignez de mon cœur, je serais comme un misérable grain de poussière prêt à s’envoler où bon lui semble. Vous êtes les seuls à me retenir là-bas. Je tombe sous les souvenirs des villes découvertes il y a peu.

         A bientôt. Sois persuadé que je t'aimerai toujours.

         De Paris, le 18 juillet 2008.



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A
Très jolie lettre Morganne !! O_o
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