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Publié par Marianne



Daril à Djibril

A Windhoek.

 

     La population de Nice est d’une insouciance folle. Dès mon arrivée, je sentis un climat d’ignorance. Je me sentais perdu, désorienté et seul. J’étais debout, fixe, le regard planté à l’horizon, lorsque je me fis bousculer, par je ne sais qui, car aucun mot d’excuse ne m’a été adressé. A peine l’esprit revenu à la réalité, que la personne était déjà sans doute très loin. Je regardais autour de moi, j’étais cerné par une foule de pantins fourmillant autour de moi.

    Je me décidais donc, à visiter un peu la ville dans l’espoir de trouver un logis pour la nuit ; malheureusement rien ne fut à ma portée. Totalement invisible, je m’assis dans un coin.

    Tu n’arrives sans doute pas à imaginer mais crois-moi, la première semaine fut un vrai calvaire. J’en venais presque à regretter ma vielle natale.

    A la fin de cette longue et pénible semaine, je commençais à cerner le mode de vie de ces gens. Contrairement à nous, les gens riches sont en majorité, ils s’amusent, ils sortent le soir, crient, rien ; ils sont d’une extravagance folle !

    Quant au pauvre, c'est-à-dire moi car je n’en ai pas trouvé d’autres ! Je dors dehors… n’ayant pas trouvé de travail. Peut-être ne me croirais-tu pas, mais la vie ici n’est pas faite pour nous. Toute cette ville n’est qu’une pitrerie, une démonstration d’idiotie. Je vais te le dire sincèrement, si l’eldorado est cela, celui-là n’est pas mon rêve.

    J’ai pris toute ma nuit pour ma réflexion, et j’en suis venu à une simple conclusion : ces marionnettes, à la vie endiablée ne sont que nos opposés ! Pour un autre exemple, la religion… Ici, je n’en constate que très peu, alors que sur notre terre, la religion est un principe. L’argent est fait pour être accumulé, voilà ce qu’est en réalité la base ici. Je me sens à des années lumières de cette perspective ! La vie ici est folle, démente, invivable… Cela va faire un mois que je dors dehors, que les gens m’observent en ricanant, que je me sens dévisagé, pour moi ici chaque seconde est une éternité.  Le vide et la solitude m’exaspèrent…

    La sincérité de notre pays me manque maintenant plus que jamais ! La misère n’existe pas, dans ce tourbillon de bêtise, mais sache Djibril qu’ici être « frères »  n’est pas la hantise. Je pense tout simplement que les buildings et l’acier ont remplacé la chaleur humaine et la solidarité. Cette société construite sur de la superficialité m’a énormément choqué… Peut-être est-ce seulement, parce qu’on ne m’y a pas laissé entrer.

    Je n’oublierai pas de te narrer ce que je vois. Nous sommes bien du même monde, mais les hommes que je vois, sont à des années lumière de toi et moi.

                                              A Nice, Le 26 août.




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M
Non,sans rire,j'aime beaucoup<br /> La fin est terrible! : )
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M
Moi j'aime ta lettre U_U<br /> même si.. T'as syncopé! XD
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M
Moi j'aime ta lettre U_U<br /> même si.. T'as syncopé! XD
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P
salut, c'est la slameuse rurale.<br /> n'hésite pas à passer sur mon blog.<br /> à bientot.
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