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Publié par Justine


Sören à Kenza

 

A Khenifra

 

              Je suis à Brest depuis presque un mois mais mon installation difficile ne me fit pas voir le temps passer. Crois-moi que je m'excuse de ne t'avoir écrit avant.

              Ce dont je vais te parler je pense ne vas pas t'étonner si tu as regardé l'image que j'ai jointe avant de lire cette lettre. Tu peux y voir ces interminables routes qui paraissent le chemin d'un salut incertain. Lorsque je me promène dans Brest, je me sens soudain pris au piège entre ces rues commerciales qui, si elles ne sont pas des magasins, sont de hauts immeubles qui semblent priver le Brestois d'une certaine liberté.

               Tu t'étonneras peut-être mais ici rien n'est marchandé, le prix fixé est fixé et lorsque j'eus le malheur de demander quel était le second prix je fus pris pour un de ces illuminés. Même pour Noël, qui arrive à grand pas, se tient un somptueux marché, si tu le voyais ! Ces lumières, toutes ces couleurs sont magnifiques, époustouflantes, hypnotisantes, mais ces lumières sont noircies par l'avarice des marchands qui ne baisseraient leurs prix sous aucun prétexte, sans aucun sourire.

               Ce que je voulais te faire connaître encore est la curiosité des habitants de la France, elle m'étonnera toujours. Lorsque je suis arrivé je portais la djellaba, lorsque je repartirai je porterai l'habit français : parce qu'un jour je sortais à peine de chez moi qu'un homme s'approcha puis deux ainsi de suite jusqu'à ce qu'une foule de curieux se forme autour de moi. Certains m'ignoraient, d'autres se moquaient mais la plupart restaient intrigués et par trop grande timidité ne venaient pas me questionner. Aujourd'hui, je sais deviner la curiosité tels une fouine tapie derrière leurs regards.

 

A Brest, le 20 décembre, 2008



JACQUES MULLER : Ville 1

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