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Publié par Lucie


Mohazu à Pankaj

 

A Anchorage.

 

 

       Je suis dans cette petite ville bretonne depuis bientôt deux mois ; je le sais car ici, les gens ont la notion du temps, le soleil se lève le matin et se couche le soir. C'est d’ailleurs très agréable et c'est bien l'une des seules choses qu'il me plairait à ramener en Alaska...

       Brest est bien plus petit qu'Anchora, et pourtant depuis huit semaines que je suis ici, je me trouve toujours incapable de me repérer, de retrouver mon chemin à travers la ville. Les rues m'apparaissent toutes semblables les une aux autres, tel un véritable labyrinthe. De plus, et tu n'es pas obligé de me croire, elles sont bordées de tours gigantesques, peut-être plus grandes que nos montagnes. Ne faut-il pas être fou, ou alors non voyant, pour édifier de tels bâtiments ?

       Et si encore ce n'était que ça, la France... Ce que je dis de cette ville ne doit pas t'étonner, il y a dans le mode de vie des Français, matière à te stupéfier davantage.

       Me croirais-tu, si je te disais qu'ils font chauffer leur viande et leur poisson ? Ou encore qu'ils ne vivent point dans des igloos, ni même dans des cabanes en bois, mais dans de grandes, immenses, gigantesques structures en pierres. Je me demande d’ailleurs parfois comment ces gens font pour ne pas s'y perdre... Enfin, cela dépend des hommes, j'en ai aussi vu dormir dehors, sur du papier.

       Savais-tu que les gens de ce pays ne marchaient pas ? En effet, ils roulent. En voitures, en vélos à moteurs, en chaussures à roulettes (Je ne connais pas encore le nom exact de ce véhicule.), en vélos, en planches à roulettes... C'est très perturbant, car, moi qui n'y suis pas habitué, j'ai bien failli perdre la vie à maintes reprises, écrasé par l'une de ces roues. A dire vrai, les habitants de la France ne sont pas très vigilants. Et en plus de cela, ils sont encore moins patients... Moi qui aime à marcher lentement, veillant à regarder systématiquement où je pose le pied, je me suis vu contraint d'adopter un tout autre style de marche. On l'appelle, me semble-t-il, le "jogging". Je cours, je cours et je cours. Et cela pour éviter les vélos à moteurs qui vont plus vite que les fusées. Pour éviter les voitures qui sont plus grosses que les avions. Pour éviter toutes choses ayant des roues. Tout simplement. C’est une situation de stress permanente, réellement constante.

      Sais-tu qu'il m'arrive même de courir dans mes rêves ?

 

 

 

De Brest, le 12 octobre, de 2008.




Jakob Steinhardt : La ville




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