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Publié par Fragan

Déclaration des droits de Zunaira et Mussarat par Fragan

   Ce roman intitulé Les hirondelles de Kaboul a été écrit par Yasmina Khadra. Il est paru en 2002 aux éditions Julliard.

 

   L’histoire se situe à Kaboul en Afghanistan à l’époque actuelle. Ce récit raconte l’histoire de Mohsen Ramat et de son épouse Zunaira qui ont tout perdu à cause de la guerre et qui tentent de survivre tant bien que mal dans une ville qu’ils ne reconnaissent plus et celle d’Atiq Shaukat, geôlier de son état, et de sa femme Mussarat qui est gravement malade.

Préambule

 

Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas moins ce droit. Dis-moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ?

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits.

Les personnages féminins de romans, représentantes des mères, des filles, des sœurs, constituées en Assemblée internationale, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs.

En conséquence, l’Assemblée internationale des personnages féminins de romans reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivants de Zunaira et Mussarat, personnages du roman Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra.

 

Déclaration des droits de Zunaira et Mussarat par Fragan

Article 1 

La femme et l’homme doivent avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs au sein d’un couple et ont tous deux droit au respect.

 

J’ai été choqué de voir la différence entre le rôle de la femme et celui de l’homme dans le couple d’Atiq et Mussarat. En effet la vie de Mussarat tourne autour du bonheur de son mari : elle est gravement malade et gaspille le peu d’énergie qui lui reste pour nettoyer sa maison car elle a l’impression de « manquer à son devoir d’épouse » (lignes 11 et 12 page 44). De plus, à la fin du livre, Atiq tombe follement amoureux de Zunaira qu’il doit garder en prison car elle a tué son mari, alors qu’ils ne se sont presque jamais parlé ! À ce moment là, Mussarat décide de se faire exécuter à la place de Zunaira pour que son mari puisse épouser celle-ci. J’ai été marqué par les arguments que Mussarat utilise pour convaincre son mari « Elle est tout ce que je n’ai pas pu t’offrir. Tu ne peux pas mesurer combien je suis heureuse, ce matin. Morte, je serais plus utile que vivante » (lignes 15 à 17 page 134). Mussarat va donc jusqu’à donner sa vie pour un homme qui a ignoré sa souffrance et qui a refusé de l’aider alors qu’elle était gravement malade. De son côté Atiq ne fait rien pour sa femme : il passe son temps hors de sa maison, ne parle presque pas à Mussarat, ne participe pas aux tâches ménagères alors qu’elle est en train de mourir devant ses yeux.

Article 2

Les femmes et les hommes doivent avoir les mêmes droits et les mêmes responsabilités dans le monde du travail et doivent être sélectionnés en fonction de leurs compétences et non en fonction de préjugés.

 

Dans le chapitre n°3 on nous parle de la vie professionnelle du couple de Zunaira et Mohsen (lignes 3 et 4 page 30). On nous dit que Mohsen a perdu son commerce, on peut penser que Mohsen a du fermer sa boutique à cause des pénuries et du manque de produits à vendre, mais on nous dit que le travail de Zunaira lui a été confisqué. J’ai été profondément révolté par cette information car Zunaira a perdu son travail sous prétexte qu’elle est une femme alors que son mari a perdu le sien pour des raisons économiques. Cela démontre les inégalités au sein de la société Afghane et le mysoginie des dirigeants du pays.

Article 3

 

Les femmes et les hommes sont égaux devant la loi et doivent la respecter quels que soient leur sexe ou leur classe sociale. Les femmes et les hommes ont droit aux mêmes aides et doivent subir les mêmes sanctions sans aucune distinction.

 

Comme je l’ai déjà dit dans l’article précédent, j’ai trouvé injuste la façon dont Zunaira a perdu son métier, simplement parce qu’elle est une femme. De plus, lors de l’arrestation de Zunaira après qu’elle ait été accusée d’avoir tué son mari (lignes 20 à 29 page 108), elle est jetée en prison sans jugement et sans autre forme de procès alors que si l’inverse s’était produit, Mohsen aurait sûrement eu un procès équitable avec un avocat. Je trouve que la justice des Talibans est inadmissible car elle discrimine une grande partie de la population et ne respecte pas les droits de l’Homme.

Article 4

 

Les femmes et les hommes sont égaux devant la foi et ont droit au même respect au sein de la communauté religieuse.

 

J’ai été scandalisé par la scène du chapitre 7 où les talibans forcent Mohsen à aller voir le mollah Bashir et ordonnent à Zunaira de rester l’attendre au pied d’un mur. Le fait d’avoir empêché Zunaira d’accompagner son mari à la mosquée rabaisse encore plus le statut des femmes puisque, pour les talibans, même dans une dictature religieuse les femmes ne sont pas aptes à aller se recueillir. Pour eux, les femmes sont des bonnes à rien tout juste bonnes à s’occuper de leur mari et de leur maison et ne doivent en aucun cas s’occuper de choses comme la politique (Zunaira était magistrate (ligne 17 page 62) ou la religion. Je trouve anormal que même dans une dictature religieuse, une partie de la population soit privée de religion à cause de son sexe.

 

Article 5

 

   Les femmes et les hommes ont droit à la même éducation et peuvent prétendre aux mêmes emplois.

  Dans le chapitre 7, seuls les hommes sont autorisés à aller écouter le mollah Bashir à la mosquée, les femmes sont donc mises à l’écart de la « connaissance » ce qui est injuste. Les femmes sont discriminées dans le milieu de l’éducation depuis l’arrivée au pouvoir des talibans. En effet, dans le chapitre 6, Zunaira repense au temps où elle était à l’Université (pages 58 et 59) : c’était une élève brillante qui étudiait le droit et se battait pour le droit des femmes. Elle est ensuite devenu magistrate puis s’est faite confisquer son métier par les talibans. Après cela, Zunaira n’a pas retrouvé de travail.

 

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