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Publié par Antoine

Les Hirondelles de Kaboul est un roman écrit par l’écrivain Yasmina Khadra en 2002. En réalité, le vrai nom de l'auteur est Mohammed Moulessehoul. Il a choisi ce pseudonyme qui correspond à deux prénoms de son épouse afin de lui rendre hommage car elle l'a toujours soutenu dans son métier d'écrivain. Yasmina Khadra est un ancien militaire algérien qui veut dénoncer les régimes totalitaires et patriarcaux de certains pays arabes. C’est un roman fictif historique, dont l'action se déroule à Kaboul sous le régime Taliban.

Le destin de deux couples que tout oppose s’entremêle : d'un côté, Atiq, gardien de prison blasé et sa femme Mussarat qui est condamnée par la maladie, de l'autre Zunaira et son mari Moshen, tous deux anciens magistrats dont les carrières et les vies ont été brisées par l'arrivée au pouvoir des Talibans.

 

Déclaration des droits de Zunaira et de Mussarat par Antoine

Homme, es-tu capable d'être juste ? Ce sont des femmes qui t'en font la question ; tu ne nous ôteras pas moins ce droit. Dis-moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer notre sexe ? Ta force ? Tes talents?

Femmes, réveillons-nous; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnaissons nos droits.

Les personnages féminins de romans, représentantes des mères, des filles, des sœurs, constituées en Assemblée internationale, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs.

En conséquence, l’Assemblée internationale des personnages féminins de romans reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivants de Zunaira et Mussarat, personnages du roman Les Hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra.

Egalité femmes-hommes

Egalité femmes-hommes

 

Article 1. La religion ne doit pas être pratiquée ou imposée par la violence. Les femmes et les hommes doivent être libres de la pratiquer comme elles et ils le souhaitent.

 

Les femmes doivent pouvoir choisir de porter ou non le tchadri : « d'un autre coté, je refuse de porter le tchadri » (p62). Nul ne peut leur imposer d'être emprisonnée dans un tchadri contre leur volonté. Le tchadri déshumanise la personne qui le porte : «  avec ce voile maudit, je ne suis ni un être humain ni une bête, juste un affront ou une opprobre » ( p62). En effet, il est possible de respecter sa religion et d’être une musulmane éclairée sans se cacher derrière un voile : « elle était musulmane éclairée, portait des robes décentes quelques fois des sarouals bouffants » (p58).

 

Déclaration des droits de Zunaira et de Mussarat par Antoine

 

Article 2. Chacun, femme ou homme, a le droit à un procès juste et équitable. Ainsi, quelle que soit l'accusation portée, la personne doit pouvoir se défendre et être défendue par un avocat.

 

Cet article éclaire le procès bâclé et joué d'avance de Zunaira qui a tué son mari par accident. « Même si elle était innocente, personne ne pourrait rien pour elle.» (p120) En effet, Zunaira a été condamnée à mort sans être défendue, ni avoir pu se défendre alors qu'elle a fait des études de droits et était une avocate reconnue qui se destinait à une carrière de magistrate. Le fait d’être une femme, lui donne encore moins de droits et justifie le fait qu'elle ne valait pas la peine d’être défendue. « Les qâzi n'ont même pas eu besoin de délibérer... » (p120) car les voisins ont témoigné contre elle.

 

procès équitable

procès équitable

 

Article 3. Une condamnation à mort n'est pas un spectacle ni un jeu. Un ou une condamnée à mort a le droit de mourir dans la dignité et dans l'intimité.

 

Cet article renvoie à l'exécution de Zunaira. Si les condamnations à mort existent dans un pays, ce n'est pas pour autant un spectacle ouvert à tous car cela reste un acte cruel et bouleversant. « les autorités ont décidé d’opérer une dizaine d'exécutions publiques pour mettre de l'ambiance » (p108), De plus, son exécution est reportée de 5 jours « Puis, comme aucune femme n'était programmée pour vendredi, ils ont prolongé son sursis de cinq jours » pour satisfaire les « convives de haut rang » (p108). De plus, il est très choquant que la population soit invitée à participer au massacre d'un être humain. En effet, lors de la lapidation de la prostitué au début du roman, le mollah «  invite la foule à s'armer de pierres » pour tuer la prostitué. Chacun est libre de ramasser un pierre et de porter un coup fatal à la condamnée. Un condamné à mort ne devrait pas être livré à la foule pour être lapidé par celle-ci.

 

 

Article 4. Les femmes comme les hommes ont le droit de décider pour eux mêmes de leur avenir et du choix de leur métier. Elles et ils doivent pouvoir l'exercer librement et sans contrainte.

 

Cet article illustre l'interdiction pour Moshen et Zunaira d'exercer leur métier d'avocat. En effet, un gouvernement ne doit pas interdire aux femmes et aux hommes de son pays de faire les études puis d'exercer le métier de leur choix. C'est pourtant, ce qui est arrivé à Zunaira « épouse de Mohsen Ramat, trente-deux ans, magistrat licencié par l’obscurantisme ». Le gouvernement ne doit pas priver ceux-ci de leur ressources : « nous n'avons pas pu préserver nos acquis, alors les apprentis mollahs les ont réquisitionnés » (p 60-61). Le gouvernement ne doit pas bafouer la liberté d’action et de parole de ces « citoyens » : «il y aura constamment un épouvantail malodorant, armé jusqu'aux dents, pour nous rappeler à l'ordre et nous interdire de parler à l'air libre » (p61).  

 

droit de choisir

droit de choisir

 

Article 5. Nul homme n'a le droit de répudier sa femme pour des convenances personnelles car cet acte injuste et révoltant la condamne à une mort certaine dans la misère.

 

Cet article fait référence au moment où Mirza ami d'enfance d'Atik est choqué que celui-ci ne répudie pas sa femme malade Mussarat, qui lui pose tant de problèmes et de souffrances. En effet, Atik est obligé de se justifier « Elle m’a sauvé la vie » (page 24), « Nous vivons ensemble depuis une vingtaine d’années. Ce n’est pas négligeable. » (p25) Mirza est scandalisé par les propos d'Atik qui aime sa femme et ne peut se résoudre à se débarrasser d'elle. Dans la même situation, il n'hésiterait pas à répudier une de ces quatre femmes.

 

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