Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Ajyad

Les Hommes qui marchent est un roman écrit par Malika Mokeddem et publié le 30/04/1997.

C’est un roman autobiographique où l'auteur raconte l'histoire de sa famille, de l'époque coloniale à nos jours. Zohra, la grand-mère de la petite protagoniste, Leïla, transmet à la fille la tradition du désert évoquant le passé nomade du clan des Ajalli. Le Sahara, espace du mouvement des nomades, devient l'espace psychique de l'imaginaire de la petite sédentarisée.  Ce livre fait aussi un parallèle avec les évènements qui mènent a l’indépendance de l’Algérie.

 

Déclaration des droits de Leila par Ajyad

 

Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas moins ce droit. Dis-moi ? Qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? Ta force ? Tes talents ?

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits.

Les personnages féminins de romans, représentantes des mères, des filles, des sœurs, constituées en Assemblée internationale, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs.

En conséquence,l’Assemblée internationale des personnages féminins de romans reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Etre suprême, les Droits suivants de  Leïla, personnage du roman Les Hommes qui marchent de Malika Mokeddem

 

Déclaration des droits de Leila par Ajyad

 

Article 1.- Nul ne doit être inquiété pour son éducation, les principes fondamentaux de non-discrimination, de solidarité, d'égalité des chance, de traitement et d'accès universel à l'éducation doivent être garantie. La femme et la citoyenne ont le droit à une éducation de qualité.

 

A un moment de l’histoire, on nous explique que Leila se sentait très mal au début de sa scolarisation, du fait du nombre très réduit de filles qu’il y avait dans son école : « Le nombre d'Algériennes à l'école se comptait alors sur les doigts des mains. » p.94. Elle éprouvait de la solitude et  «le sentiment d'être entrée par effraction dans un monde auquel elle n'avait pas droit » p.94. Un autre événement m’a marqué, c’est lorsque Leila voit sa scolarité interrompue parce que son père juge indécent de l’exposer au regard masculin : « A douze ans, sa poitrine tendait sa robe et son père avait dû trouver indécent de continuer à l'exposer aux regards masculins » p.127 . Ces passages et bien d’autre m’ont profondément marqué, je trouve inacceptable qu’un sujet aussi primordial que l’éducation soit victime de discrimination, d’inégalité.

Déclaration des droits de Leila par Ajyad

Article 2.- La femme a la liberté du choix de son époux, nul ne peut l’obliger dans aucune circonstance possible à se marier. Le mariage est interdit sans le consentement mutuel, libre et volontaire de chacun des futurs époux.

 

J’ai trouvé particulièrement choquant que les parents de Leila  aient choisi à sa naissance son futur époux : « — Leïla épousera son cousin Yacine. C'est une promesse faite depuis sa naissance. » Et comme on peut s’y attendre, cela a pesé très lourdement sur l’esprit de la petite Leila. « Comme Bahia est promise à Madjid. ».

Je trouve aberrant qu’on puisse forcer une femme à se marier sans son consentement tout en sachant l’importance d’un mariage et l’impact que celui-ci a sur la vie d’une femme.

 

Déclaration des droits de Leila par Ajyad

Article 3.- La femme a le droit à l’habillement de son choix, elle a le droit de porter des jupes, elle doit avoir également celui de porter des pantalons, la liberté des femmes de porter tel vêtement est fondamentale et elle doit être garantie.

 

Je trouve absurde que Leila soit mal vue a cause du fait qu’elle s’habille régulièrement en pantalon, elle est considérée comme une rebelle s’opposant aux règles de vie de l’Islam : « Taisez-vous ! Epargnez-moi votre insolence ! Vous vous promenez partout en pantalon ! »p.234, « vous faites fi des règles de vie que nous impose l'islam, notre religion ! »p.234. En plus de cela, on lui critique sa conduite : « porte préjudice à la réputation de l'établissement. » p.234. Je trouve choquant qu’on puisse priver une femme de la liberté de s’habiller comme elle le souhaite.a

Déclaration des droits de Leila par Ajyad

 

Article 4.- Toute femme est libre du choix de son métier. Elle a le droit d’être infirmière, elle doit avoir également celui d’être policière. Nul ne peut lui imposer, et sous aucune circonstance possible, un métier.

 

Yamina, une jeune de fille de quinze ans est très mal vue par Zohra car elle n’est pas habile à la couture : « Et l'infortunée Yamina trouvait peu grâce aux yeux de Zohra. Pour celle-ci, Yamina avait toutes les tares des citadines. Elle manquait d'endurance. Et surtout, elle ne savait pas travailler la laine ! » p.29. De plus, la pauvre petite fille n’a jamais connu sa mère et est victime d’un mariage forcé. J’ai vraiment trouvé cet événement choquant à  cause de ces 2 points. En plus de cela, je trouve inadmissible qu’on puisse associer un métier à un sexe, chacun est libre du choix de son métier.

Article 5.- La femme naît libre et demeure égale à l’homme, toute discrimination fondée notamment sur le sexe est interdite, l’égalité entre les hommes et les femmes doit être assurée dans tous les domaines.

 

J’ai trouvé grave que « Saâdia n'osa jamais s'ouvrir à son père de ses tracas. » p.31 à cause d’une hiérarchie des sexes qui s’était inconsciemment mise en place au sein de la famille :  « L'ordre ne se conjugue-t-il pas avec l'apprentissage de la soumission pour les fillettes ? Celui du machisme et de la domination pour les garçons ? » p.31. Il est particulièrement choquant qu’une fille doive inconsciemment apprendre à se soumettre. Une femme n’as pas à se sentir inférieure à un homme, les femmes et les hommes sont égaux.

 

 

Déclaration des droits de Leila par Ajyad
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article